Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 8 Juin 2014, Dimanche de Pentecôte

Textes du jour

  • Livre des Actes des Apôtres (2.1-11)
  • Psaume 103  » O Seigneur, envoie ton  Esprit, qui renouvelle la face de la terre »
  • Première lettre de St Paul Apôtre aux Corinthiens (12,3b-7,12-13)
  • Évangile selon St Jean ( 20,19-23)

Homélie du Père J-F Marmier

Dernièrement, dans une maison de retraite, une résidente me demande : « Qu’est-ce que c’est l’Esprit Saint ? » J’ai pensé à ce passage où, se rendant un jour à Ephèse, S. Paul demande aux disciples de Jésus qui étaient là : « Lorsque vous êtes devenus croyants, avez-vous reçu l’Esprit Saint ? » Ils lui répondirent : « Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y a un Esprit Saint. » (Ac. 19,2)

Quant à nous, nous avons souvent entendu parler du Saint Esprit, mais l’avons-nous entendu à l’intérieur de nous ? L’avons-nous entendu nous parler, nous inspirer, nous guider, nous soigner, nous libérer. Car c’est ainsi que l’Esprit Saint doit s’entendre en nous.

La fête de la Pentecôte est l’occasion d’entendre l’Esprit Saint. Il est le principe même de la vie. La vie spirituelle c’est la vie dans l’Esprit de Dieu. S. Séraphin de Sarov dit que : « Le but de la vie spirituelle, c’est l’acquisition du Saint Esprit. » Le but d’une vie chrétienne, c’est de se laisser visiter, habiter, soulever, entrainer par le souffle de Dieu.

Le Père Cantalamessa a une très belle image. Au théâtre, dit-il, le souffleur est caché mais si le souffleur se tait les acteurs ne savent plus que dire. L’Esprit Saint c’est le souffle. Il est le souffleur dont Jésus dit : « Il vous suggèrera tout ce qu’il faut dire. » L’humain n’est pas qu’un simple répétiteur. Nous avons à écouter en nous les intuitions de l’Esprit, à nous laisser inspirer par son souffle créateur. 

Le terme le plus approchant pour nommer l’Esprit c’est l’amour. L’Esprit Saint c’est l’amour personnel entre le Père et le Fils. L’Esprit Saint est la vive flamme d’amour entre le Père et le Fils. S. Augustin dit que dans la Trinité Sainte le Père est Celui qui aime, le Fils est Celui qui est aimé et l’Esprit Saint c’est l’Amour qui est entre eux. L’Esprit est cet incommensurable brasier de l’amour divin.

Tous les amours que nous connaissons, l’amour des époux, l’amour des parents, des enfants, l’amour d’amitié, tous nos amours ne sont que des étincelles par rapport à cet inexprimable amour qui brule au cœur de la Trinité Sainte.

L’Esprit se dévoile peu à peu dans l’histoire biblique au moyen d’images et de signes : l’eau, le vent, le feu, le parfum. Nos concepts humains sont incapables d’enserrer l’Esprit de Dieu, d’où cette profusion d’images pour approcher son mystère. Ces symboles, sont comme des noms d’amour donnés à l’Esprit Saint. Quand on aime quelqu’un, on n’a pas assez de mots pour exprimer son amour, alors on invente des petits noms à celui qu’on aime. Tous ces noms nous introduisent dans le secret de l’Esprit.

L’Esprit Saint est un grand « Travailleur. » Il agit dans le cœur de l’homme. Il est toujours à l’œuvre dans la Création. Au commencement, tout n’était que ténèbres, vide,  tohu-bohu. C’était le chaos. Mais lorsque l’Esprit de Dieu se mit à couvrir les eaux primordiales, alors  apparaît le cosmos. Ce mot, qui a donné cosmétique, signifie quelque chose d’organisé et de beau. L’Esprit Saint agit et tout prend sa forme. Il y a séparation, les éléments sortent de la confusion. L’Esprit fait passer du chaos au cosmos. Il apporte l’ordre et la beauté.

Comme Dieu est toujours Créateur, comme la Création est toujours ouverte, comme nous sommes toujours en voie de création, cela signifie que l’Esprit Saint est toujours à l’œuvre. Il y a ce travail, cet enfantement permanent qu’exprime si remarquablement S. Paul : « Frères, nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance ; nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit, mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps. »(Rm. 8)

L’Esprit est le grand Acteur, le merveilleux Travailleur de la Création. L’Esprit Saint nous fait passer de la confusion à l’ordre, du mélange à l’unité, de la discorde à la fraternité, de l’erreur à la vérité. En même temps, l’Esprit Saint est notre Maître intérieur à chacun. Il s’agit donc de faire entrer l’Esprit, de lui ouvrir les portes de nos maisons, de nos églises et de tous nos lieux de vie.

Il s’agit d’ouvrir à deux battants les portes de nos cœurs. Car c’est un drôle de monde que celui dans lequel nous vivons. Si on regarde le fond des choses, c’est une véritable guerre contre le vivant. Un combat est mené contre tous les écosystèmes. Que ce soit dans le sol, dans le corps humain, dans la vie sociale, dans tous les domaines on s’en prend à la vie. En réalité, plus que la mort c’est la vie qui nous fait peur.

On part du postulat que la création est dangereuse, que le sol est une réalité inerte, que nos corps sont déficients. Alors on injecte dans la terre, on injecte dans les corps, on injecte dans la société des solutions qui n’en sont pas. Dans tous ces domaines, on préfère nos solutions, nos productions mentales, à la sagesse du sol, à la sagesse du corps, à la sagesse des peuples.

Cette attitude biocide, cette attitude contre la vie, est en train de nous tuer. L’humanité d’aujourd’hui est à bout de souffle. On ne sait plus vers qui se tourner pour être « dans le vent. » Que faut-il faire ? Vers qui ou quoi devons-nous nous tourner ? Quels bonheurs artificiels vont nous soulager ? En réalité, nous n’avons qu’une seule chose à faire : lâcher la bride du mental et accueillir le vent de l’Esprit. En Lui se trouve la suprême sagesse. L’Esprit Saintagit toujours avec puissance et beauté quand un homme le prend pour Locataire !


 

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