Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 17 Août 2014, 20ème dimanche du temps ordinaire

Textes du jour

  • Livre d’Isaïe (56, 1. 6-7)
  • Psaume 66  » Dieu, que les peuples t’acclament! Qu’ils t’acclament , tous ensemble! »
  • Lettre de Saint Paul Apôtre aux Romains ( 11, 13-15. 29-32)
  • Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu ( 15, 21-28)

Homélie du Père J-F Marmier

Matthieu note que « Jésus s’était retiré dans la région de Tyr et de Sidon », une partie du pays qui a longtemps été disputée aux Cananéens. Cette région en était restée païenne. La Parole n’avait pas encore pénétré ce lieu. La vérité du Dieu Unique n’illuminait pas encore ces populations.

Dans nos pays de vieille chrétienté, beaucoup vivent véritablement en païens. Quand on se rend compte de cette déferlante du paganisme, c’est un très grand choc. Sans compter qu’il y a encore en nous bien des espaces où le Seigneur n’est pas. Pourtant, il nous est dit que Jésus est là. Il est aussi en territoire étranger à Dieu. Il est partout présent, même là où règnent l’ignorance et la confusion. Il est dans notre monde d’indifférence et d’idolâtrie.

A cette symbolique déjà assez forte, s’ajoutent les cris d’une femme et le désespoir d’une mère. L’Evangile de ce dimanche rejoint la souffrance de tant de parents dans le monde. Cette femme qui crie sa douleur, cette mère qui supplie, concentre aujourd’hui dans nos églises tous les cris et toutes les douleurs du monde. Nous voulons intercéder autant que possible pour ces familles souffrantes : « Aie pitié d’eux, Seigneur ! »

Cette femme crie sa souffrance : « Aie pitié de moi Seigneur, fils de David ! » Elle donne à Jésus ce titre royal parce qu’elle perçoit quelque chose en cet homme. Alors, elle recourt à lui dans une prière humble et confiante. L’enfant de cette femme est prisonnière du mal, « tourmentée par un démon. » Tout est perturbé. La source de la vie est dévoyée. Tout est faussé par cette intrusion du mal en elle. Pour tous les enfants malades, abîmés, ou refusés, pour ce monde en feu, pour ces gens déroutés, notre prière doit aussi jaillir dans un cri vers le Seigneur : « Aie pitié de nous ! »

La Cananéenne se prosterne devant Jésus. Comment Jésus accueille-il la supplication de cette femme qui se jette à ses pieds ? D’abord par un silence, mais pas n’importe quel silence. Ce n’est pas un silence qui repousse mais un silence qui accueille. On interprète souvent très mal le silence de Dieu. Dieu n’est ni absent ni indifférent, Il accueille nos vies meurtries dans le silence de son éternel amour. Le silence de Jésus apporte le calme à l’âme tourmentée de cette femme. Le cœur de la mère s’apaise et trouve la guérison dans ce divin silence.

Puis, après le silence, vient la parole. C’est une parole assez surprenante : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. » D’abord choquante, cette parole nous oblige à y réfléchir. Il n’y a ni mépris ni rejet dans cette réponse de Jésus. Il y a dans ces mots étonnants toute la reconnaissance de l’histoire d’Israël.

Jésus ne vient pas annuler les promesses de Dieu faites à son peuple, il vient justement pour les accomplir. Ce qui est remarquable, c’est que la femme le comprend. Elle va même répondre à Jésus qu’en effet elle n’a droit à rien mais qu’elle demande tout.

Paul, rappelle ici (cf. la 2ème lecture) que la miséricorde de Dieu est offerte à tous les hommes. Cette miséricorde nous parvient par différents chemins, mais elle passera toujours par le cœur du Christ. Jésus s’est offert pour le salut de tous les hommes. Il est la source et le canal de toute miséricorde.

Le drame de cette femme a été finalement pour elle l’occasion de goûter à la miséricorde de Dieu. Nos drames et toutes nos épreuves sont aussi des chemins par lesquels nous parvient l’infinie miséricorde de Dieu. La miséricorde de Dieu passe par toutes ces déchirures de nos vies.

Il y a dans la vie des moments difficiles, des bouleversements et parfois même des catastrophes. Il y a aussi tous ces moments remplis de paix et de joie. Dans ces moments là, on comprend que cette vie existentielle, cette vie horizontale qui nous préoccupe tellement, n’est pas tout. Si on en reste là, on est païen. Le Père Zundel disait que nous sommes dans « un monde qui conspire pour régir toute la vie hors de Dieu. »

     La plupart des humains se contentent de leur vie existentielle. Ils ne prennent pas en compte, ou très peu, leur vie spirituelle. Ils vivent dans un grand tourment, parce qu’ils se contentent d’une vie païenne. 

Cette femme a fait un chemin spirituel remarquable. Elle a certainement beaucoup désiré et beaucoup supplié pour en arriver là. Quand on souffre, on réfléchit beaucoup, on cherche partout la solution ou le remède. Son salut, la délivrance de sa fille, la Cananéenne l’a trouvé en Jésus. Et à l’heure même tout se remet en ordre, sa fille est délivrée. Tout est rétabli.

    A cause de ses souffrances, la femme de cet Évangile s’est éveillée à cette vie immense qu’elle porte en elle. C’est pourquoi, elle a reconnu en Jésus le fils de David, le Christ Roi et Sauveur. L’angoisse, la peur, les dangers, les maladies et la mort contiennent aussi l’heureuse possibilité de nous ouvrir à cette vie spirituelle, cette vie divine que nous portons tous en nous. Ce fut la grâce de cette Cananéenne. Ce pourrait être aussi la nôtre aujourd’hui, ici et maintenant.

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