Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 19 Octobre 2014, 29ème dimanche du temps ordinaire

Textes du jour :

  • Lecture du livre d’Isaïe ( 45, 1.4-6a)
  • Psaume 95  » Au Seigneur notre Dieu, tout honneur et toute gloire ! »
  • Commencement de la première de St Paul Apôtre aux Thessaloniciens ( 1, 1-5b)
  • Évangile selon Saint Matthieu ( 22, 15-21)

Homélie du Père J-F Marmier

Dimanche après dimanche, nous écoutons la Parole de Dieu. Nous entendons ces mêmes versets depuis l’enfance. Ces textes sont révélateurs. Ils sont comme le miroir dans lequel se reflète l’image de Dieu que nous sommes ou le César que nous créons.

L’enseignement spirituel dirige notre attention sur nous-mêmes. Il nous introduit dans les niveaux très profonds qui sont en nous. Plus que jamais, il est important de recevoir des enseignements spirituels. Leur but, c’est de nous éveiller et de nous faire avancer autant que possible. Jésus dit si souvent : « Allez, relève-toi. Réveille-toi. Mets-toi en route. Je suis avec toi. Je suis ton chemin. Avance ! »

La Parole de Dieu projette en nous une lumière qui atteint les profondeurs de notre être. La lumière de la Parole est très particulière. C’est une lumière à la fois douce et pénétrante comme la lumière de l’automne. Elle met en évidence nos splendeurs et nos beautés. Elle révèle en même temps notre part ombreuse et notre abîme intérieur le plus redoutable.

Le premier verset de cet évangile fait justement apparaître le côté obscur qui est en nous : « Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler. » Des hommes se rassemblent pour en faire tomber un autre. Il n’est pas question d’unité entre eux mais de complicité, parce que ce qui les relie c’est le mal.

Le péché est une réalité personnelle, mais il y a aussi un péché collectif. Dans son encyclique sociale (Sollicitudo rei socialis), le Pape Jean-Paul II parlait de « structure de péché. » « Tout péché est personnel d’un certain point de vue, et d’un autre point de vue, tout péché est social, parce qu’il a aussi des conséquences sociales. »

Vous connaissez l’adage selon lequel « toute âme qui s’élève élève aussi le monde. » On pourrait dire aussi que celui qui s’abaisse abaisse aussi les autres. Ce que je fais de mal se répercute d’une certaine manière sur les autres et même sur le monde. « Les pharisiens se concertèrent pour voir comment faire tomber Jésus. » Complicité dans le mal.

L’unité se trouve dans la fécondité. La création d’une œuvre commune est source d’unité et de joie. Je me souviens de cette phrase dans un cours au Séminaire : « La diversité trouve son unité dans la fécondité. » C’est en créant quelque chose ensemble que l’on fait naitre l’unité entre nous. La fécondité scelle l’unité entre les personnes. C’est pourquoi, elle est un pilier important du mariage, de l’amitié et de la vie commune.

     Dieu a béni l’humain pour que sa vie soit heureuse et féconde. Il y a cette grande loi de vie qui dit : « Entre dans la fécondité et dans le don. » Chacun doit découvrir sa forme spécifique de fécondité, comment porter du fruit dans sa vie. Nous sommes faits pour le service, le partage et le don de soi. La Parole dit : « Ne demeure pas dans un repli stérile. N’enterre pas les dons que tu as reçus. Quel que soit ton état de vie, ton bonheur c’est de produire du fruit d’une manière ou d’une autre. » 

Quand on lit que les élites du peuples, ces hommes religieux, s’organisent pour « prendre en faute » celui qui est la vérité faite chair, on se dit que c’est incroyable ce qu’on peut être tordu. Mais on n’éteint pas la Parole : « Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » La réplique est universellement connue.

La réponse de Jésus commence par cette injonction : « Rendez donc… » Nous avons donc une forme de dette. Première dette envers l’ordre social et le pouvoir : « rendez à César. » L’autre dette, c’est envers Dieu. Mais que devons-nous rendre à Dieu, puisque tout lui appartient ? Devons-nous rendre quelque chose à Celui qui nous a tout donné ? (Donné c’est donné…)

On trouve la réponse dans les textes de ce dimanche. S’adressant aux Tessaloniciens S. Paul dit : « A tout instant, nous rendons grâce à Dieu à cause de vous… » On lit aussi dans le Psaume 95 : « Rendez au Seigneur, famille des peuples, rendez au Seigneur la gloire et la puissance, rendez au Seigneur la gloire de son nom… Chantez le Seigneur, adorez-le ! »

L’humain doit rendre gloire et rendre grâce. Voilà précisément ce qui revient à Dieu.

L’effigie de César est gravée sur la pièce de monnaie, mais dans le cœur de l’homme est imprimée l’image de Dieu. Nous existons pour le face à face et le cœur à cœur. L’homme est fait pour s’ouvrir et s’offrir à un visage aimé et aimant. Ce sont nos choix de vie qui nous positionnent devant l’effigie de César ou le visage du Seigneur. D’où l’importance de la prière d’adoration qui nous enracine en Dieu et nous fait grandir « à la ressemblance » du saint visage qui est en nous.

L’homme porte en lui une incroyable puissance d’adoration. Seulement, comme nous sommes dans le monde de « la chute,«  ce dynamisme d’adoration peut être faussé. Nous pouvons adorer les choses, le pouvoir, un César, ou nous adorer nous-mêmes. Cette adoration faussée, la Bible l’appelle idolâtrie. L’idolâtrie, c’est quand notre capacité d’adoration est détournée de Dieu. Nous nous trompons d’objet. Nous préférons César.

Même s’il l’ignore, l’homme, chaque être humain a soif du visage de Dieu. Malgré tout, nous pouvons être séduits et abusés par tous les Césars du monde. L’adoration nous guérit et nous délivre de toutes formes d’idolâtrie. Adorer, c’est faire le choix du visage de Dieu et se laisser façonner par Lui.

Nous sommes vraiment faits pour le visage. Entre tous ces visages, il y a Le Visage. Un visage unique, le Saint Visage, celui dont nous rêvons dans nos amitiés et nos amours.

Le début de cet Evangile nous rapporte que les Pharisiens se sont concertés pour faire tomber Jésus. Nous pouvons tout aussi bien nous concerter pour adorer, pour louer, bénir, célébrer et annoncer le Dieu qui en Jésus a pris un visage d’homme. Que ce Saint Visage nous séduise toujours par sa beauté. Qu’en ce dimanche de prière missionnaire il attire tous les hommes par sa joie et sa paix.


 

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