Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 9 Novembre 2014, Dédicace de la basilique du Latran

Textes du jour :

  • Lecture du livre d’Ézékiel  ( 47.12.8-9.12)
  • Psaume 45  » Voici la demeure de Dieu parmi les hommes »
  • Lecture de la première lettre de St Paul Apôtre aux Corinthiens ( 3. 9b-11.1617)
  • Évangile selon Saint Jean ( 2,13-22)

Homélie du Père J-F Marmier

Le 9 novembre, l’Eglise fête la Dédicace de la Basilique du Latran. L’archibasilique du Très-Saint-Sauveur est plus connue sous ce nom de Saint-Jean-de-Latran. C’est le siège de l’évêché de Rome, dont le Pape est l’évêque. Première en date et en dignité de toutes les églises d’Occident, la basilique du Latran porte sur son fronton l’inscription « omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput » : Mère et tête de toutes les Églises de Rome et du monde.

Cette fête peut nous sembler mineure dans le calendrier liturgique. En réalité, elle est importante parce qu’elle nous rappelle qu’au centre et au sommet de tout il y a le Christ Sauveur. Fêter la cathédrale de Rome c’est aussi se rappeler la place et la mission du Pape au cœur de l’Eglise. Il doit guider le peuple de Dieu vers sa demeure, le cœur de Dieu.

Avec la Toussaint, la commémoration des fidèles défunts et la dédicace de la Basilique du Latran, nous sommes devant un triptyque plein d’enseignement. La Toussaint c’est la communion de tous les saints dans le Christ. A travers les saints nous contemplons notre vocation à la sainteté. En priant pour les défunts, nous prenons conscience que notre chemin passe par « les ravins de la mort » (Psaume 22). Aujourd’hui, avec la dédicace de la Basilique du Christ Sauveur, nous affirmons que le chemin et le but du chemin c’est Jésus.

     A travers la fête d’une église de pierre, les lectures soulignent la mission de l’Eglise. L’Eglise est au service de notre construction personnelle et communautaire dans le Christ : « Frères, vous êtes la maison que Dieu construit… Vos fondations c’est le Christ. » (2ème lecture) En disant cela, S. Paul applique le thème de la maison à chaque âme chrétienne, qui est comme une petite Eglise infiniment aimée de Dieu et qu’habite son Esprit.

La première lecture ne manque pas d’intérêt. Ezéchiel est prêtre. Il est très attaché au temple et au culte qui s’y célèbre. Mais en 587 il assiste à l’invasion des Babyloniens et à la destruction de ce temple. Dans une vision il voit le Temple auquel il rêve. Une source jaillit du Temple et ses eaux foisonnent de vie. Partout où coule cette eau la vie se propage. Les Pères de l’Eglise ont vu une figure du baptême dans cette eau qui donne la vie. Car en effet, le baptême nous plonge dans la source du salut.

Si haute que soit la dignité du Temple, des prophètes rappelleront néanmoins que Dieu n’habite évidemment pas les Temples bâtis de mains d’hommes. Les prophètes Nathan et Jérémie auront des paroles dures et des gestes forts pour ceux qui idolâtrent le Temple et méprisent les petits. C’est dans cette ligne prophétique que nous pouvons comprendre le geste de Jésus dans le Temple.

Dans ce passage, Jésus agit vraiment en prophète. Au centre du récit, il dit cette parole qui le fait comprendre : « Détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai. » Une parole qui a dû marquer les esprits puisqu’elle sera citée devant le grand-prêtre au procès de Jésus. Des passants insulteront Jésus en croix en lui rappelant cette même parole.

     En fait, il y a un lien mystérieux entre le corps de Jésus et le temple. Trois évangélistes signalent qu’au moment de la mort de Jésus le rideau du temple se déchire du haut en bas. Ce rideau marque une séparation. Derrière, c’est le Saint des Saints, le lieu de la présence de Dieu. La déchirure du rideau indique que désormais il n’y a plus de séparation. Jésus a aboli toute séparation avec Dieu. La Présence de Dieu est en Jésus, dans son Corps qui est le véritable Temple.

Dans le même sens, S. Paul dit : « N’oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous. Le temple de Dieu est saint, et ce temple c’est vous. » En devenant membre du corps du Christ par le baptême et l’eucharistie, c’est en moi aussi, c’est en nous qu’habite la présence de Dieu. Nous sommes véritablement temple de Dieu.

      Quand on croit que l’humain est réellement temple de Dieu, quand nous expérimentons cette divine présence en nous, alors nous sommes saisis de respect pour notre propre corps.

L’Esprit de Dieu vit en moi, son souffle m’inspire, sa présence m’habite, son amour palpite au centre de mon être. Je ne peux pas faire n’importe quoi de moi-même ni des autres. Je dois avoir une sorte d’amour eucharistique pour mon corps et celui de mon prochain.

Il y a toute une théologie du corps. En Jésus, Dieu s’incarne. Il se fait chair, corps humain. Le corps est le lieu de la vie, de l’amour, de la foi, de la sainteté. Le corps humain n’est pas qu’un vêtement ou un outil. Il est ce compagnon de vie que Dieu veut glorifier, parce que c’est la personne toute entière – corps, âme et esprit- qui est appelée au salut.

Le Temple de Jérusalem a été construit selon des normes extrêmement précises. Ce Temple a été détruit et reconstruit à plusieurs reprises. Quand S. Paul dit que nous sommes le Temple de Dieu, nous comprenons que devenir homme c’est un long et minutieux travail. En plus, comme le Temple, tout au long de notre parcours, nous pouvons vivre des effondrements comme des relèvements.

Que fait Jésus ? Il purifie le Temple, parce qu’en l’homme tout est sacré et nous devons faire attention à ce qui entre en nous. Le mercantilisme, l’esprit de consommation excessive et de profit souillent notre temple. Nous sommes si facilement occupés par nos petites affaires et tellement enclins à trafiquer.

Nous ne devons pas laisser entrer n’importe quoi dans notre temple intérieur. Nos pensées, les images que nous voyons, la nourriture que nous absorbons… Tout ce que nous mettons dans notre corps, notre cœur et notre esprit demande de notre part de plus en plus de discernement. Il s’agit de purifier le temple que nous sommes, d’abandonner les produits toxiques et tous les poisons. Un des plus grands exercices spirituels qui soit, c’est de sortir les poubelles et d’éliminer les déchets. A tous les niveaux -corps, âme et esprit- nous pouvons nous auto-désintoxiquer. Cette fête nous appelle à la limpidité. Le Saint des Saints du Temple était quasiment vide, nous devons oser cette nudité de l’âme.


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