Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 23 Novembre 2014, Le Christ Roi de l’univers

textes du jour

  • Lecture du livre d’Ézékiel ( 34,11-12,15-17)
  • Psaume 22  » Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer. »
  • Lecture de la première lettre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens (15,20-26.28)
  • Évangile selon Saint Matthieu (25,31-46)

Homélie du Père J-F Marmier

La fête du Christ-Roi signe la fin d’un cycle. La vie est faite de saisons, de périodes et de cycles. Pour nous humains, le temps a une importance considérable. La Bible énonce que Dieu est à l’origine du temps et de ses rythmes. La Bible fait le récit des interventions de Dieu dans le temps des hommes, dans l’histoire d’un peuple particulier, le peuple hébreu.

Vivre le temps liturgique est très important, surtout dans le contexte très sécularisé d’aujourd’hui. Le temps liturgique nous rappelle que Dieu intervient dans l’histoire des hommes. Dieu est intervenu dans notre histoire personnelle tout au long de cette année écoulée. Il faut repérer ces passages de Dieu dans notre vie. Dieu nous guide et nous conduit. Nous l’acceptons parfois avec la docilité de la brebis, mais le plus souvent nous n’en faisons qu’à notre tête comme des chèvres.

L’année liturgique est structurée par les grandes fêtes qui reprennent l’ensemble du mystère du Christ. Elle commence le premier dimanche de l’Avent et finit au Christ-Roi. Le centre et le sommet de l’année liturgique c’est la célébration du mystère pascal. Par la liturgie, L’Église actualise le mystère du Christ. Le calendrier liturgique nous aide à vivre les grands événements de la vie de Jésus. Ainsi chacun peut ainsi s’unir à son Seigneur. Aujourd’hui, en cette fête du Christ-Roi, nous achevons donc un cycle liturgique.

A la fin de l’année civile, nous faisons en nous-mêmes un petit bilan de l’année écoulée. On pense à tout ce qui a été vécu au cours de ces douze mois, le meilleur comme le plus difficile. Le dernier Evangile de l’année liturgique nous propose de faire aussi un bilan, celui de notre vie chrétienne. La grille de lecture est claire. Il s’agit de regarder ce que j’ai fait et ce que j’ai omis de faire. Ce n’est pas la sainteté des actions héroïques et des actes remarquablement vertueux dont il est question, mais la sainteté des gestes de tous les jours. Jésus parle de la sainteté du quotidien.

Le jugement porte sur l’amour. Il s’agit d’un amour simple : donner à manger et à boire, accueillir, habiller, visiter et soigner. S. Jean Chrysostome fait remarquer que le Seigneur demande des gestes bien modestes. Il n’est même pas dit que celui qui a faim est rassasié, que le malade est guéri et le prisonnier libéré. Ce qui compte, c’est de faire son possible pour le frère éprouvé et souffrant. Nos plus humbles gestes ont un poids d’éternité.

     Le récit de Jésus sur la fin des temps est très impressionnant. Nous sommes devant une immense fresque, une représentation du visible et de l’invisible, de la terre et du ciel, du temps et de l’éternité. Le tableau du jugement dernier n’est ni un tableau d’honneur ni un tableau d’horreur. Il n’a pas pour but de nous faire peur mais de nous préoccuper du temps présent. Car c’est maintenant que commence l’éternité, c’est ici et maintenant que nous pouvons nourrir, aider, visiter, apaiser, consoler et soigner. C’est ici et maintenant que nous pouvons assurer notre amitié avec Dieu.

Nous attendons toujours que Dieu fasse des choses pour nous. Mais Dieu n’est pas un prestataire ! La question c’est : Qu’est-ce que toi tu peux faire pour Dieu ? Qu’est-ce que tu peux faire pour les autres ? Qu’est-ce que tu peux faire pour toi-même ?

En lisant ces versets, nous comprenons qu’en fait nous nous jugeons nous-mêmes au quotidien. Nos actes nous jugent tout au long de notre vie. Mais viendra ce jour qu’on appelle Jugement dernier où le Seigneur nous aidera à vérifier si nous sommes réellement humains. Y a-t-il des visages en face du tien, d’autres mains dans les tiennes, un cœur dans ton cœur, des vies dans ta vie ? T’es-tu humanisé ? T’es-tu spiritualisé ? Ton ego est-il dissout ?

En réalité nous sommes des êtres absolument extraordinaires. Il y a en chacun un être d’amour et de lumière. Il y a en nous un être de foi, de don, d’abnégation et de compassion. Alors, comment le pauvre type peut devenir un saint ? Comment se convertir, comment changer, servir, aimer ? Jésus dit que c’est possible pour tous. C’est seulement une question de choix. C’est à toi ici et maintenant de décider à quoi tu participes. En fait, le saint est déjà là, au-dedans de toi. En dépassant ta peur, en sortant de ta petitesse, en oubliant ta douleur, en déposant ton ego, l’être de lumière qui est en toi peut naître.

Certains disent : « C’est bien beau tout çà mais moi je suis très occupé. J’ai une vie bien remplie. Je me donne totalement à ce que je fais. J’ai des tas de projets, tellement de choses à faire encore… » C’est le discours d’un androïde, pas d’un humain. Avec cette logique, il manque l’essentiel. Car nous sommes faits pour une vie simple, douce, paisible, relationnelle, joyeuse et amicale. C’est là l’essentiel et quand il manque l’essentiel tout le reste devient superficiel.

Un rabbin racontait cette histoire. Dans un couple un homme dit à sa femme : J’ai à te parler. Merci pour ces 35 années de bonheur, merci pour les enfants et pour la famille, merci d’avoir accepté ma mère pendant 18 ans à la maison. Pourtant, je dois quand même te dire que je n’ai pas réussi à t’aimer. Cette petite parabole montre bien que s’il manque l’essentiel tout le reste devient instantanément superficiel. Les 35 ans ensemble, la famille, les enfants, la belle-mère, en une seconde tout est devenu superficiel. Sans l’amour, qui est l’essentiel tout s’effondre.

L’évangile de ce dimanche nous appelle à fonder notre vie sur l’Essentiel. Il n’y a pas de « plan B. » Soit je suis une brebis, soit je suis un bouc. Soit je m’engage sur un chemin de vie, soit je me perds sur un chemin de mort. C’est peut-être binaire mais soit je m’humanise, soit je me déshumanise. Soit je me régénère, soit je dégénère. Soit je me purifie, soit je m’intoxique. Il s’agit donc de ne pas rompre le lien avec le frère et de ne jamais perdre le lien avec son Seigneur, car c’est Lui notre Essentiel.


 

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