Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 30 Novembre, 1er dimanche de l’Avent

Textes du jour

  • Lecture du livre du prophète Isaïe ( 63,16b-17.19b ; 64,2b-7)
  • Psaume 79 « Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés »
  • Lecture de la première lettre de St Paul Apôtre aux Corinthiens (1,3-9)
  • Évangile selon Saint Marc (13,33-37)

Homélie du Père J-F Marmier

Premier dimanche de l’Avent, première flamme allumée, premiers pas sur le chemin. L’hiver s’installe sensiblement, la nuit est plus profonde, la sève se retire des branches et la nature se dépouille. Tout se recueille et s’intériorise. Tout nous porte à entrer nous aussi dans l’attente et le silence.

Le temps de l’Avent, c’est la saison favorable pour la lente et secrète germination de notre être intérieur. Avec sobriété et profondeur, la liturgie nous convie à un temps de veille. A l’extérieur, c’est la nuit. En nous aussi, il y a pas mal d’obscurité. Notre monde vacille dangereusement du côté des ténèbres, mais voici qu’une Lumière est annoncée : « Joyeuse Lumière, splendeur éternelle du Père, saint et bienheureux Jésus-Christ ! »

La Parole nous avertit qu’une rencontre doit avoir lieu, mais on ne sait ni où ni quand. Quelqu’un vient « à l’improviste. » On aime bien les surprises mais à condition d’être quand même un peu au courant. Les copains qui débarquent quand on est fatigué ou la famille qui s’invite quand ça n’a pas prévu, on aime moyen. En ce qui concerne le jour du Seigneur, aucun agenda n’est en mesure d’en préciser la date. Donc, un seul mot d’ordre : « Veillez ! »

     Cet appel à l’éveil traverse tout l’Avent. Vivre l’Avent, c’est s’éveiller à la réalité, et il n’y a rien de plus réel que la venue du Seigneur. C’est pourquoi l’Evangile insiste autant : « Veillez ! » La veille, c’est l’attitude fondamentale du disciple de Jésus. Veiller, c’est rester en état de vigilance, totalement conscient, entièrement présent à ce qui est et à ce qui vient.

     L’Avent nous rappelle que nous sommes pèlerins en ce monde, un voyage s’offre à nous. C’est le pèlerinage de l’existence, une étonnante marche de nuit. La nuit est le symbole de l’inconscience. La majorité des humains évolue dans une sorte de brume d’inconscience. L’ego semble avoir pris toute la place. On se demande parfois si derrière le jeu des rôles, des fonctions et des personnages il y a encore quelqu’un.

Pour la plupart des gens cette situation est tellement habituelle qu’ils n’imaginent pas autre chose. Malgré tout, on sent bien à l’arrière-plan un état de mécontentement latent. On voit bien au premier plan une tristesse et une insatisfaction générale. C’est l’état normal d’un monde qui n’est pas encore éveillé. Nous pouvons facilement nous laisser gagner par cette nuit ambiante. D’où l’appel répété de Jésus à l’éveil et à la vigilance.

     Les Pères ont dit qu’un grand péché de l’homme c’est l’oubli. Nous vivons dans l’oubli de tout : l’oubli de ce qu’est la vie, l’oubli de ce que nous sommes réellement, l’oubli de la création et du sens de ce monde, l’oubli de Dieu. Parfois, suite à un événement très intense, des personnes s’éveillent. Elles découvrent avec étonnement qu’il existe autre chose que nos conditionnements habituels. Les jeunes enfants, les adolescents aussi connaissent ces irruptions soudaines, ces fulgurances qui nous font pressentir une Présence qu’on ne sait nommer.

Une musique, un visage ou un paysage nous touchent et voilà que quelque chose, on ne sait quoi, s’ouvre en nous. Une souffrance nous déchire qui pourrait nous faire basculer dans l’aigreur et la révolte, mais voilà qu’un éveil se produit. Soudain, on a l’impression d’être comme Jacob au torrent de Yabboq, lorsqu’après avoir lutté toute la nuit contre un mystérieux adversaire il prononce ces mots : « Ce lieu est saint, Dieu est ici et je ne le savais pas. »(Gn.32) C’est ainsi que commence l’éveil, par une sorte d’étonnement joyeux et soudain : Quelqu’un était là et jusqu’à présent je ne le savais pas. Quelqu’un est là et je suis maintenant présent à cette Présence.

Dieu n’entre pas de force dans le cœur de l’homme. Il ne peut s’unir à nous que si notre réponse est libre. Une réponse forcée n’est pas celle de l’amour. C’est pour cela que Dieu laisse le temps aux hommes. Ce temps nous est donné pour vivre une rencontre et faire une expérience. Nous n’avons qu’une seule chose à redouter c’est l’oubli. Nous devons seulement craindre que la torpeur s’empare de nous.

Remarquez ceci, tout le monde attend quelque chose. Le monde est en attente. Nous ne savons pas exactement quoi, mais nous attendons. On attend des jours meilleurs, un enfant, la santé, un emploi, les vacances… Nous attendons toutes sortes de choses, mais l’attente la plus intense c’est celle de l’amour. Chaque être humain est en attente de plus d’amour et de plus de vie. L’Avent nous dit que Dieu veut répondre à ce désir qui est en nous. Dieu vient, Il entre jusque dans notre chair, parce que l’amour ne supporte pas la séparation et qu’il ne tolère aucune distance.

« Veillez, car vous ne savez pas quand viendra le moment. » Jésus dit cela parce que c’est toujours le moment. A chaque instant, Dieu se propose à nous. L’offrande de son amour est totale et permanente. Nous devrions répondre plus vite que les autres mais, à bien des reprises, les prophètes ont dit l’attente déçue de Dieu. Aux portes de la ville sainte, Jésus l’exprime en pleurant : « Jérusalem, Jérusalem, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu. » (Mt 23, 37A l’entrée de notre ville intérieure, les larmes de Jésus diront toujours combien Dieu nous désire.

Aujourd’hui s’ouvrent les portes de l’Avent. Nous regardons dehors, il fait nuit. Nous regardons dedans, en nous, il fait plus ou moins nuit. Alors, nous nous mettons en route pour que la lumière de Bethléem embrase nos cœurs pâles. Le temps de l’Avent nous convoque. Gardez vos lampes allumées, c’est maintenant notre tour de garde.

 


 

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