Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 7 Décembre 2014, 2ème dimanche de l’Avent

Textes du jour :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe ( 40,1-5.9-11)
  • Psaume 84  » Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut »
  • Lecture de la deuxième lettre de St Paul apôtre ( 3,8-14)
  • Évangile selon Saint Marc ( 1. 1-8)

Homélie du Père J-F Marmier

Deuxième semaine de marche. Le rythme se précise, le corps s’adapte, tandis que le cœur cherche toujours son Orient. Chaque dimanche marque une étape sur le chemin. La Parole de Dieu est la nourriture de base de nos âmes, nous en recevons aujourd’hui de belles tranches alors que nous progressons vers Bethléem, la maison du pain.

La liturgie de la Parole commence avec ces mots bouleversants : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. » Nous accueillons volontiers ces mots d’espérance dans ce que nous vivons aujourd’hui. Isaïe est un prophète très stimulant. Pendant l’Avent, l’Eglise fait sienne les paroles d’Isaïe parce que nous pouvons y puiser beaucoup d’enseignement.

On situe ce message autour de 538 avant Jésus-Christ. Cette année là, Cyrus, roi des Perses, permit aux Juifs exilés à Babylone de retourner dans leur pays. Isaïe annonce qu’un « petit reste » du peuple allait enfin revenir à Jérusalem. Ces gens ont connu la déportation et 70 ans d’exil loin de leur terre. Ils sont humiliés, abattus et profondément découragés.

Isaïe réveille leur espérance. Il souffle sur les dernières braises dans ces cœurs presque éteints : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. » Le prophète va chercher les mots les plus réconfortants et les images les plus douces pour relever un peuple effondré : « Voici le Seigneur Dieu. Comme un berger, il fait paître son troupeau. Son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent. » 

     Au-delà des siècles, ces mots nous parviennent avec la même intensité. Ce que nous vivons est certes très différent, mais les encouragements du prophète atteignent nos âmes désolées. Nous avons tellement besoin de consolation. Voyez par exemple ces foules de gens de par le monde qui se précipitent dans les bras d’Amma.

Certaines personnes ont un don d’apaisement, une véritable grâce de consolation. C’est remarquable, mais Isaïe dit autre chose. Il dit que nous pouvons connaître des temps d’extrême désolation, mais qu’ensuite vient l’heure de la consolation. La consolation de Dieu est très particulière en ce sens qu’elle annonce un avenir. Quand vient la consolation de Dieu, il faut cesser les lamentations. Il est temps de se remettre debout et d’avancer sur le chemin qui s’ouvre devant nous. Voici que ce chemin de vie est justement annoncé.

« Une voix proclame : Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur. » Isaïe ne dit pas qui est celui qui proclame ainsi. Nous ne savons de qui est cette voix mais son message est une bonne nouvelle : « Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. »  

    Quelle est cette Bonne Nouvelle ? Réponse : « Voici votre Dieu. Voici le Seigneur Dieu. » Le messager ne s’arrête pas là, puisqu’il dessine le portrait de Celui qui vient. A la fois roi triomphant et pasteur, force et douceur : « Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout… Comme un berger, il fait paître son troupeau. »

Ce texte a réveillé la ferveur et l’espérance d’un petit peuple opprimé et dévasté. Et voici que 5 siècles plus tard, on entend de nouveau cette voix qui crie dans le désert. Cette voix qui annonce la consolation, la Bonne Nouvelle, le Seigneur Dieu qui vient, cette voix dont on ne sait pourtant à qui elle appartient, cette voix Jean-Baptiste lui donne son propre visage. Jean donne à cette voix son cœur, sa corps et toute sa vie.

Jean-Baptiste incarne remarquablement le message spirituel de son illustre ancêtre Isaïe :   « Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur. »

Jean-Baptiste est un être magnifique. C’est un guide, un maître spirituel et un compagnon de route. Sa mission est de tous les temps. Son message est pour nous, il est pour moi, ici et maintenant. Il dit : « Vas-y, prépare, travaille, répare, remet d’aplomb… »

Le message du Baptiste a tout son sens si l’on considère à quel point nous sommes mal physiquement, mentalement, spirituellement…. Les gens sont perdus et déprimés, avec des corps dégénérés et fatigués. Tout ça n’est pas le fruit du hasard et de la nécessité. C’est le fruit vénéneux de la tromperie et de nos mauvais choix de vie. Il n’y a pas de coupable, on a fait comme on pouvait. On ne connaissait pas les lois de vie. On ne nous a pas donné le mode d’emploi, comment ça fonctionne la vie : le corps, la psychè, l’âme.

Nous vivons -si l’on peut dire vivre- sur des modèles qu’il faut sérieusement interroger. On se représente que nous sommes  arrivés à un sommet de la civilisation. Mais où est le sommet quand les gens sont aussi tristes, malades et désespérés. Où est le sommet dans ce qui se passe aujourd’hui dans le monde ? On n’est pas à un sommet, on est dans un gouffre. « Tout ravin doit être comblé. Toute colline abaissée. »

C’est assez d’entendre ces gémissements : « J’ai ceci, il m’arrive cela… » La question c’est celle de nos choix de vie : Qu’est-ce que tu mets dans ton corps ? Ton âme est-elle nourrie ? Ton cœur fonctionne t-il à partir de relations profondes ? Il s’agit d’aller au cœur de nos besoins et de vivre ce pour quoi nous avons été créés. La plus grande peine que l’on porte en soi vient du fait que nous ne vivons pas ce pour quoi nous sommes créés. Nous ne vivons pas de la manière prévue par Notre Père.

C’est pourquoi, avec la même puissance et la même passion, Jean-Baptiste proclame toujours: « préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. » Toutes nos montagnes d’absurdité doivent être abaissées. Tout ce qui est déprimé, tout ce qui est effondré doit être relevé. Tout ce qu’il y a en nous de désirs exagérés et de prétentions, tout doit être remis à niveau. Tout ce qu’il y a de désespéré, de déformé et d’écrasé, en nous et dans le monde, tout doit être réparé. Alors, « la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. » (Ps.85)


 

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