Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 31 Mai 2015, La Sainte Trinité

Textes du jour :

  • Lecture du livre du Deutéronome ( 4, 32-34. 39-40)
  • Psaume 32  » Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu »
  • Lecture de la lettre de Saint Paul, Apôtre aux Romains ( 8, 14-17)
  • Evangile selon St Matthieu ( 28, 16-20)

Homalie du Frère Paul-Emmanuel

Abbaye Saint Martin de Mondaye

Vous êtes là, et à vous entendre chanter, vous êtes bien là. Mais pour chacun d’entre vous, combien de dizaines dans leur lit, combien en train de faire leur jogging, combien avec leur caddies, combien dans leur voiture, combien devant leur télé et pas forcément pour regarder le jour du Seigneur. Et tous ces combiens ne sont pas des athées forcenés, opposés à l’Eglise… non, tous ces gens, à en croire les récents sondages, se déclarent tranquillement catholiques. Tant il est vrai que la foi en Dieu apparait une opinion comme les autres, évaluée dans notre univers médiatique comme la consommation de yaourts 0% de matières grasses ou la bonne opinion qu’on a ou n’a pas de M. Valls.

Ceux ou celles, et il y en a parmi vous, qui s’occupent de catéchèse, en voient très bien les conséquences, quand l’heure de catéchisme vient en concurrence avec le judo, la leçon de piano ou tout simplement la fatigue parce que le cher petit a regardé les deux films de la veille au soir. Ce constat peut nous offusquer, nous scandaliser, nous attrister, en tout cas il nous renvoie à nous-mêmes, à nous chrétiens qui venons d’entendre la Parole de Jésus, l’ordre de Jésus : Allez donc : de toutes les nations, faites des disciples. De toutes les nations, et pas seulement d’une petite minorité déclinante et parfois vieillissante rassemblée dans des églises qui paraissent de plus en plus grandes parce que de plus en plus vides. Serait-ce que le dynamisme chrétien n’est plus ce qu’il était, serait-ce que nous-mêmes nous y croyons encore sans y croire tout à fait, puisque à chacun ses opinions ? Serait-ce que Dieu nous apparaît tellement lointain, qu’il ne peut que nous concerner que de loin en loin, comme ces amis qu’on finit par perdre de vue, parce que les visites, les lettres ou les coups de fil se font de plus en plus rares ?

Or justement, cette fête de la Sainte Trinité, elle est là, non pas pour nous donner l’occasion de subtiles discussions théologiques, réservées aux spécialistes, elle est là pour nous rappeler à nous les chrétiens que notre Dieu est un Dieu proche, un Dieu qui nous touche, un Dieu qui nous concerne, justement parce que pour parler de Dieu, nous parlons de Père, de Fils et de Saint Esprit.

Et cette proximité de Dieu, elle s’exprime bien dans les lectures que nous propose la liturgie de ce dimanche. Le livre du Deutéronome nous rappelle un Dieu qui se découvre non pas d’abord par le raisonnement du philosophe, mais par la méditation d’une expérience qui s’inscrit dans l’espace et dans l’histoire, parce que notre Dieu est un Dieu qui se révèle, qui se dévoile, par exemple à Moïse à travers le feu du Buisson Ardent, à un peuple particulier qu’il s’est choisi. Ce Dieu-là est tout le contraire de l’abstraction, parce ce que c’est à travers des histoires d’hommes et de femmes, qui font Histoire Sainte, qu’il se donne à connaître. Et nous savons, parce que c’est le cœur de la foi chrétienne, que cette proximité qui concerne des hommes et des femmes, elle est allée jusqu’à prendre chair d’une femme, à naître mais aussi à mourir pour devenir solidarité totale avec ce qui apparaît comme le terme et l’échec notre propre expérience humaine.

Mais cette solidarité, qui se manifeste en Jésus de Nazareth, elle ne déboucherait sur rien, si par le mystère du passage, le mystère de la Pâque, Jésus n’avait pas été fait Christ et Seigneur, c’est à dire si le trait d’union n’avait pas été mis entre Jésus et Christ. D’où cette autre proximité, dans le texte de l’Evangile du jour : celui devant qui les Onze se prosternent, fait cette promesse : Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. C’est cette présence-là, révélée à travers la communauté des frères, à travers la Parole, à travers le Pain partagé, c’est cette présence-là qui nous rassemble ce matin dans cette église.

Et enfin, cette proximité de Dieu, Paul dans la lettre aux Romains, l’exprime en terme de filiation : L’Esprit fait de nous des fils de Dieu, parce que nous sommes conduits par l’Esprit de Dieu. La proximité n’est pas comme extérieure, étrangère, elle s’inscrit dans notre propre intimité. Nous n’avons pas à chercher Dieu ailleurs qu’en nous mêmes, c’est l’expérience qu’a vécue et qu’a si bien décrite Saint Augustin, découvrant Dieu dans l’intimité la plus intime de lui-même et c’est certainement aussi pour cela qu’il a pu si bien écrire et parler de la Trinité.

Et puisqu’il s’agit de notre intime, nous sommes bien concernés par ce Dieu qui s’y révèle, mais vous savez le chemin d’intériorité qui nous conduit à cet intime, où je puis dire en vérité, avec l’Esprit « Notre Père » et découvrir ma qualité d’enfant de Dieu, ce chemin est parfois bien long, bien difficile et bien obscur. Mais il faut avoir dans la foi, ce désir tenace de le suivre dans la prière, à l’école de la Parole de Dieu, avec l’aide efficace des sacrements. Il faut, frères et soeurs, que vous ayez ce désir-là, d’être des intimes de Dieu, de ce Dieu, Père-Fils et Esprit, qui a établi depuis notre baptême sa demeure en nous. Parce que c’est cette intimité-là qui nous donnera aussi le désir et la force d’aller et de faire de toutes les nations des disciples.


 

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