Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 12 Juillet 2015, 15ème dimanche du temps ordinaire

Textes du jour :

  • Lecture du livre du prophète Amos ( 7, 12-15)
  • Psaume 84  » Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut »
  • Lecture de la lettre de St Paul, Apôtre aux Éphésiens ( 1, 3-14)
  • Évangile de Jésus Christ selon Saint Marc (6, 7-13)

Homélie du Frère Laurent

Abbaye de Saint Martin de Montdaye

Frères et sœurs dans le Christ,

Avez-vous entendu, dans la première lecture, cette violente altercation entre deux hommes ? Pauvre Amos ! Amazias et Amos, deux hommes qui n’ont rien de commun. Ce qui va les faire se rencontrer, c’est ce qui les oppose et les divise. Amazias, fonctionnaire royal, grand prêtre du sanctuaire royal de Béthel dans le Royaume du Nord, en Israël. Amos, un gardien de troupeau et arboriculteur, originaire du Royaume du Sud en Juda. Mais c’est cet homme, que le Seigneur a choisi pour être Son prophète et l’envoyer en terre d’Israël, dans le Royaume du Nord. Il l’envoie sans feu, ni lieu, habité uniquement de la Parole de Dieu, il va donc chasser sur les terres d’Amazias et dénoncer les trahisons d’un peuple qui s’est détourné du Seigneur.

Vous avez entendu la réaction violente d’Amazias : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici ! ». L’opposition n’est pas celle du sacerdoce au prophétisme, mais d’un prêtre, Amazias, qui a reçu son investiture humaine, fonctionnaire du roi, et qui s’oppose à un prophète, Amos, investi et envoyé par Dieu. L’un par le roi, l’autre par Dieu.

Amazias défend donc des intérêts temporels et accuse Amos de faire le métier de prophète en marchandant des oracles. Au métier, Amos oppose la vocation, qui est une élection de Dieu en vue d’une mission. Amos est investi de l’intérieur, c’est-à-dire dans son cœur, par l’Esprit de Dieu, et cette parole intérieure affermit son cœur et son esprit. Il devient ainsi un homme debout, responsable, de la force de l’Esprit Saint.

Mais l’élection de Dieu est-elle suffisante pour garantir l’assurance de la réussite de la mission ? L’Évangile d’aujourd’hui nous donne les conditions pour vivre cette mission. Les Douze sont envoyés deux par deux : nul n’est disciple tout seul. Ce binôme signifie que cette mission doit être vécue en Église. On ne peut pas témoigner de la Bonne Nouvelle du salut réalisé en Jésus-Christ sans être soi-même envoyé par l’Église, signe et sacrement de ce salut. Les Douze reçoivent le pouvoir sur les esprits mauvais, ils chassent beaucoup de démons et guérissent de nombreux malades. Nous retrouvons là la même mission que celle de Jésus. Nous sommes envoyés par le Christ en partageant la même mission que lui.

Unis à lui, nous sommes appelés à être pour les hommes de ce temps le visage même du Christ. Cela suppose de notre part un profond enracinement au Christ, sans chercher à vouloir compter sur nos seules forces ou sur une stratégie missionnaire. C’est le sens de la consigne de Jésus : « Ne rien emporter pour la route, si ce n’est un bâton ; n’avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie ». De façon étonnante, Jésus n’indique pas à ses disciples ce qu’ils auront à dire. On aurait pu imaginer qu’il leur propose un discours à dire, une méthode d’évangélisation… Non ! Il insiste simplement sur la capacité d’accueil de ceux vers qui vont les disciples.

Le disciple n’est pas tenu à un résultat, mais il doit se rendre présent à l’autre, le laissant libre de l’accueillir. L’hospitalité est en quelque sorte la démarche qui humanise nos relations. Elle implique une dimension de réciprocité dans la gratuité, l’accueil bienveillant de l’autre en se laissant soi-même déplacer par celui qu’on reçoit. « N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges » (Hébreux 13,2). Pratiquer l’hospitalité, accueillir l’autre en le laissant entrer chez soi, témoigne de la manière dont nous laissons Dieu entrer chez soi. Dieu s’invite souvent sous les apparences du plus petit, du plus fragile qui frappent à notre porte. Nous en faisons l’expérience en pratiquant l’hospitalité les uns envers les autres.

Pauvre Amos disions-nous…et c’est bien vrai. Sommes-nous si différents d’Amos ? Laissons-nous saisir par la grâce de Dieu, accueillons au plus intime de nous-mêmes son appel à être prophète étranger pour son peuple d’aujourd’hui. Le Seigneur compte sur chacun d’entre nous, nous qui sommes appelés à devenir ce que le pape François nomme aujourd’hui des « disciples missionnaires » ! Qu’est-ce que cela peut vouloir dire ? Pour vivre la mission ensemble, comme des « disciples-missionnaires », pour n’être riches que de l’amour de Dieu le Père, forts de l’Esprit de Jésus, il nous faudra être pauvre à la suite des apôtres, pauvres….comme Amos !


 

 

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