Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 2 Août 2015, 18ème dimanche du temps ordinaire

Textes du jour :

  • Lecture du livre de l’Exode ( 16,2-4. 12-15)
  • Psaume 77  » Donne-nous, Seigneur, le pain du ciel »
  • Lecture de la lettre de St Paul, Apôtre, aux Éphésiens ( 4, 17. 20-24)
  • Evangile de Jésus-Christ selon Saint Jean ( 6, 24-35)

Homélie de Frère François-Marie

Abbaye de Mondaye

C’est le temps des vacances, mais tout au long de ce mois d’août, dans l’Evangile, Dieu se fait maître qui enseigne, pédagogue qui instruit. C’est l’heure de se mettre à son école en méditant, dimanche après dimanche, le long discours que l’on appelle le discours du pain de vie, celui qu’a prononcé Jésus dans la synagogue de Capharnaüm, après avoir multiplié les pains.

Au fond, nous le savons bien, ce n’est pas seulement le temps de l’école qui est fait pour apprendre. La famille est le lieu source de toute pédagogie et elle est d’abord un milieu de vie. On apprend en se laissant imprégner par mille choses et le temps des vacances est lui aussi un moment privilégié pour grandir, pour se laisser enseigner.

Qu’est que Dieu veut nous apprendre aujourd’hui ? Simplement à prendre le chemin de la vie. Or, nous dit l’Ecriture, il est large, le chemin de la perdition, mais il est étroit le chemin qui mène à la vie. Regardons cette pédagogie divine, pour nous laisser instruire, mais aussi pour apprendre à guider les autres, et je pense tout spécialement à vous, parents, dans votre vocation à faire grandir vos enfants, à leur transmettre ce qui leur permettra de prendre le chemin de la vie véritable.

 

Revenons tout d’abord à l’Ancien Testament, au livre de l’Exode. Dieu libère son peuple de l’esclavage d’Egypte et le nourrit au désert. Il envoie les cailles le soir et la manne le matin. L’homme a besoin de nourriture pour vivre et s’il manque de pain, au sens propre du terme, il préfère être esclave que de mourir. C’est tout à fait compréhensible. C’est hélas ce que comprennent bien les dictateurs. J’ai participé récemment à un colloque que les frères ont organisé à Conques sur la situation dramatique que vivent les habitants de l’Erythrée. C’est un petit pays qui subit une dictature terrible, comme celle de Pol Pot au Cambodge il y a quelques années. Et dans cette dictature, les gens n’ont presque rien à manger si bien que leur préoccupation première est d’abord de trouver de quoi vivre et non pas de se révolter contre l’absence totale de liberté qu’ils subissent.

Mais ce pain indispensable pour vivre, il est insuffisant pour combler le cœur de l’homme. Au désert Dieu prend soin de son peuple pour qu’il ne meure pas de faim, mais il veut lui apprendre à avoir faim d’autre chose. Le pain que Dieu donne est chair, il s’agit de cailles. Et en même temps, cette chair est du pain, la manne. Pain et chair qui préfigure le pain de vie, dont Jésus dira : c’est ma chair donné pour que le monde ait la vie. Dieu donne ce pain chaque jour au désert. Mais il ne faut pas en faire des réserves, car sinon la nourriture pourrit. Comprenez quelle est la pédagogie divine : le pain renvoie à celui qui le donne. Il faut le recevoir et faire confiance à celui qui le donne. Mais cette nourriture n’est pas à accumuler, sinon elle se décompose et devient infecte. C’est le drame de nos sociétés de surconsommation qui voudrait réduire notre faim à tous les biens matériels qu’on peut accumuler. Pensez par exemple aux nouvelles versions de téléphone portable qu’on nous somme d’acheter chaque année, nous laissant croire que notre vie en dépend, que notre bonheur, ce qui va nous combler, c’est d’avoir la 6e version des Iphones, en attendant bien sûr la 7e et la 8e qui seront tout autant indispensable aux yeux du markéting, mais en réalité tout aussi superficiel.

 

Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure dans la vie éternelle ! Le Christ, dans l’Evangile, nous invite donc à une progression sur le chemin de la vie. Il y a d’abord le pain de chaque jour, indispensable. Il y a ensuite la liberté. C’est pour les libérer que Dieu a conduit son peuple en exode. Liberté d’entreprendre, liberté de penser, liberté de croire, liberté d’exprimer sa foi. Voilà aussi des biens nécessaires. Mais si Dieu libère son peuple, c’est pour le conduire en terre promise, c’est-à-dire de le faire entrer dans le Royaume, dont l’Evangile nous donne la clé, tout particulièrement à travers les huit béatitudes. La liberté véritable n’est pas une puissance aveugle d’autodétermination. Il faut se poser la question : je veux être libre, oui, mais pour quoi faire ? Pour grandir dans la charité. Aimer et être aimé, tel est le chemin de la vraie liberté, le chemin de la vie. Et c’est là que la pédagogie divine trouve son sommet : le pain qui nous nourrit vraiment ne peut pas être conquis à la force des poignets ou par la seule force humaine, la capacité d’aimer et d’être aimé est un don, non pas le don d’une force ou d’une énergie, mais le don d’une relation, la rencontre d’une personne vivante qui vient à nous : vrai Dieu et vrai homme, pain du ciel venu sur la terre, Jésus Christ.

Le signe dont nous devons vivre n’est pas seulement le souvenir d’un miracle accomplit autrefois dans le passé glorieux du peuple d’Israël que Dieu avait nourri au désert. Car Dieu se donne lui-même maintenant, aujourd’hui, en son Fils. Et chaque célébration de l’eucharistie nous donne part à l’offrande que le Christ a fait de lui-même, une fois pour toute, pour que le monde ait la vie. La pédagogie de Dieu, c’est de nous faire voir par d’innombrables signes, qu’il prend soin de nous, qu’il veille sur nous. Tous ces signes convergent au fond dans une seule direction, l’eucharistie. En venant à la messe, chaque dimanche, nous devrions pouvoir reconnaître tout ce que Dieu a fait, dans notre vie, depuis une semaine, pour nous montrer qu’il est là, au milieu de nous. Alors la messe deviendra vraiment ce qu’elle est, action de grâce. Et nous repartirons pleins de force, pour continuer à croire au don de Dieu, pour le reconnaître dans notre vie, et pour annoncer et témoigner autour de nous que le Christ est le vrai pain de vie et que celui qui vient à lui n’aura plus jamais faim, plus jamais soif.

C’est le devoir de vacances que je vous propose : laissez Dieu vous montrer tout au long de cette semaine qu’il est tout proche de vous et apprenez à rendre grâce pour le chemin de vie qu’il vous trace. Amen !


 

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