Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 13 Septembre 2015, 24ème dimanche du temps ordinaire

Textes du jour :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe ( 50, 5-9a)
  • Psaume 114  » Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants »
  • Lecture de la lettre de Saint Jacques ( 2, 14-18)
  • Évangile de Jésus Christ selon Saint Marc ( 8, 27-35)

Homélie du Père J-F Marmier

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?«  C’est une question à la fois douce et pénétrante comme la lumière de septembre. Cette question posée par Jésus à ses disciples traverse les siècles. Cette question traverse aussi les saisons de nos vies pour nous atteindre ici et maintenant : « Qui est-il pour moi ? » En ce début d’année pastorale, la question a une résonance particulière et une portée d’autant plus grande dans le contexte actuel du monde.   

« En ce temps-là, Jésus sortit (plutôt que « s’en alla »), ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée de Philippe.  » Ce premier verset en dit bien plus long qu’il n’y parait : Cette « sortie » n’est pas qu’un simple déplacement. On voit cette sortie dans bien d’autres passages : Le père sort à la rencontre de son fils, l’homme sort à la recherche de sa brebis perdue…

Le Fils est sorti de la Trinité Sainte pour entrer dans notre réalité humaine. L’hymne aux Philippiens le dit remarquablement : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » (Ph. 2, 5-8)

Jésus sort de lui-même à notre rencontre. La Parole nous fait rejoindre le groupe des disciples en marche. La vie de l’homme, et plus encore celle du disciple, est un chemin spirituel. Et donc, « chemin faisant », Jésus sonde les cœurs incertains et inconstants.

Les disciples ont accompagné Jésus sur les routes, dans les maisons et sur les places. Ils ont écouté sa parole qui étonnait et souvent détonnait. Ils ont été déroutés par ses paraboles qui parlaient de leur univers mais pour les élever à un autre niveau de conscience. Ils l’ont vu relever des gens effondrés et rendre vie à des existences vides d’espérance. Pendant huit chapitres, S. Marc nous fait partager les élans et les reculs des disciples. Leur volonté de suivre Jésus nous touche et leur enthousiasme nous stimule. Nous partageons avec eux les mêmes joies et les mêmes difficultés.

Il a fallu huit chapitres aux disciples, tout un cheminement fait de rencontres, de gestes, d’échanges et de questionnements, de confusions et d’éclaircies, pour percevoir enfin qui est Jésus. Il faut du temps pour apprendre « l’art d’être disciple. »

Il n’empêche que, juste avant de les interroger, Jésus est encore stupéfait et même navré par le tumulte intérieur de ses proches : « Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez toujours pas ? Comme votre cœur est endurci ? Vous avez des yeux et vous ne voyez pas, des oreilles et vous n’entendez pas ! Vous ne vous rappelez pas ? » (Mc. 8, 17-18)

Lorsque nous prenons conscience de tout ce remue-ménage en nous, nous en ressentons beaucoup de tristesse. On se dit : « J’ai 40, 50, 60 ans… et mon cœur n’est toujours pas converti. Le temps passe et je suis toujours un piètre disciple, un chrétien fade. » Léon Bloy le dit très bien dans ce mot fameux et tellement juste : « Il n’y a qu’une tristesse, c’est de ne pas être des saints. » On est triste de ne pas être celui qu’on devrait être. On est heureux quand on est à sa juste place. Aujourd’hui, l’humain est sorti du cadre, d’où cette tristesse profonde. 

Finalement, une lumière atteint les disciples et leur regard intérieur s’ouvre peu à peu, comme pour cet aveugle que Jésus guérit juste avant la réponse de Pierre à la question : « Pour vous, qui suis-je ? »

Au nom du groupe, en notre nom, Pierre proclame sa foi : « Je le crois, tu es le Messie. » C’est une étape importante, mais nous voyons juste après que le cheminement de Pierre n’est pas encore abouti. C’est vrai, Jésus est le Messie, mais pas n’importe quel Messie. C’est un Messie supplicié et crucifié. Cette déclaration est absolument insupportable pour Pierre. Il manifeste fortement son incompréhension et sa résistance. Comme pour Pierre, le mystère de Jésus nous échappe. On croit avoir tout saisi et pourtant on ne sait rien. Nous marchons dans la nuit du mystère pascal.

« Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. » C’est un enseignement. C’est même le cœur et le sommet de l’enseignement de Jésus.

     La vie à la suite de Jésus, la vie chrétienne, est un chemin vers l’éternelle vie mais ce chemin passe par la croix. Jésus le dit clairement dans les versets qui suivent le texte de ce dimanche : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. Quel avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner le monde entier si c’est au prix de sa vie ? Celui qui a honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints et les anges.«  (Mc. 8, 35-38) Il nous appartient de dire clairement quelle voie nous choisissons.

Les souffrances de Jésus font scandale pour Pierre. Nous voudrions le Messie sans la Passion, l’amitié du Seigneur sans la conversion et les Béatitudes sans la Croix. Nous voudrions un chemin bien propre et tranquille vers le Ciel, mais voici l’ombre de la Croix. Il ne faut pas se méprendre sur la Passion du Christ. Ce qui glorifie Dieu, c’est l’amour, et non la souffrance. Pour le Christ, le sommet de l’amour coïncide mystérieusement avec le sommet de la souffrance. Nous sommes là en plein mystère. Nos chemins de vie passent par l’épreuve, mais le sens de ce que nous vivons c’est toujours l’amour.


 

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