Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 20 Septembre 2015, 25ème dimanche du temps ordinaire

Textes du jour :

  • Lecture du livre de la Sagesse ( 2, 12. 17-20)
  • Psaume 53  » Le Seigneur est mon appui entre tous »
  • Lecture de la lettre de St Jacques (3, 16- 4,3)
  • Évangile de Jésus Christ selon St Marc ( 9, 30-37)

Homélie du Père J-F Marmier

A proprement parler, les évangélistes ne racontent pas la vie de Jésus. Les évangiles ne sont pas une histoire de Jésus. Les évangiles sont des catéchèses bien construites. Le texte est organisé de telle sorte que chacun puisse suivre Jésus et se prononcer sur lui : « Venez à ma suite… Pour vous, qui suis-je ? »

Dans les versets entendus ce dimanche, dans cette catéchèse donc, il y a trois éléments distincts : l’annonce de la Passion, l’incompréhension des disciples et l’enseignement de Jésus sur notre véritable place de serviteurs. Tout cela n’est pas regroupé ici par hasard.

Grâce à la catéchèse de S. Marc, nous poursuivons notre route avec les disciples. Ces hommes ont choisi de marcher à la suite de Jésus. Ils ont d’abord été touchés par l’homme et par l’ami. Peu à peu, ils ont vu en lui un guide et un maître spirituel remarquable. A un certain moment, nous l’entendions dimanche dernier, ils l’ont reconnu comme le Messie de Dieu. Cette découverte a complètement changé le cours de leur vie.

A partir de la profession de foi de Pierre, s’ouvre une nouvelle étape pour les disciples. Les paroles du maître deviennent de plus en plus déroutantes et l’enthousiasme du début commence à se transformer en peur : Où allons-nous ? Sur quel chemin nous engage t-il ? Ce Messie nous mène-t-il à la mort ?

L’évangile de ce dimanche comprend la deuxième annonce de la Passion (sur trois) et le début d’un long discours sur la manière d’être disciple dans le monde. Il est important de noter que S. Marc situe ces trois annonces de la Passion « sur le chemin. » Tout commence, « chemin faisant », avec la confession de Pierre à Césarée de Philippe. C’est là que Jésus « commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup…  qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. » (dimanche dernier)

Jésus marche sur la route vers l’accomplissement de sa mission de salut. C’est sur la route qu’il forme ses disciples au secret du Messie crucifié. Il se révèle comme le Serviteur souffrant pressenti par le prophète Isaïe.

Les disciples sont effrayés par ces révélations. Ils vivent sur ce chemin une initiation difficile. C’est peut-être la raison de leur conversation puérile. Ne les jugeons pas, car nous vivons les mêmes diversions. On s’occupe et on se divertit pour oublier que notre chemin de vie passe par la Croix et qu’un jour il faudra mourir. Le disciple doit devenir capable de suivre Jésus sur le chemin du salut, et la route de la Vie passe immanquablement par la Croix.

Après la route, un autre lieu important c’est la maison. La maison, c’est le grand thème chez S. Marc. A Capharnaüm, S. Marc présente souvent la maison des deux frères, Pierre et André, comme un lieu d’enseignement et de guérison. C’est l’espace de la communion. Il s’agit d’entrer avec Jésus dans la maison. Cette maison peut connaître la division et la ruine, elle peut s’effondrer si elle n’est pas fondée sur le Christ. Cette maison préfigure l’Eglise. Nous ne sommes pas là pour nous bercer les uns les autres, mais pour nous réveiller ensemble et nous laisser façonner par la Parole de vie reçue dans la maison du Seigneur.

   Alors, « une fois à la maison, Jésus leur demanda : De quoi discutiez-vous en chemin ? »

Encore une question qui atteint le fond de l’âme et révèle les pensées du cœur. Le plus impressionnant, c’est le décalage avec ce qui précède. Pour la deuxième fois, Jésus leur annonce sa Passion et eux discutent de place. Il y a ce décalage entre nos vies et l’Evangile. Quand on s’éveille, quand on vit consciemment sa foi, on se rend compte de ce décalage et cela nous fait beaucoup souffrir.

Ce passage souligne, une fois de plus, l’humanité imparfaite des disciples de Jésus. « L’art d’être disciple » appelle de notre part une véritable discipline de vie et dans ce domaine nous resterons toujours des débutants. Ceux qui se croient les premiers de la classe doivent entendre ces mots : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Jésus appelle les siens à dépasser les relations de compétition et de recherche du pouvoir. Sa « maison » est celle du service, du partage fraternel et du don.

La réponse de Jésus à la discussion des disciples rappelle la façon de faire des anciens prophètes. Ils s’exprimaient d’abord par un geste, puis par la parole. « Prenant alors un enfant, Jésus le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. »

Jésus donne à un enfant la place centrale. Il s’identifie à cet enfant. Jésus fait un lien entre l’accueil de l’enfant à celui de Dieu. Il affirme que c’est « un enfant comme celui-ci » qui le représente le mieux. Accueillir un enfant, c’est accueillir la vie. Les parents savent bien qu’accueillir un enfant, c’est aussi accueillir de l’inattendu et de l’imprévisible.

Jésus a montré une attention très particulière aux enfants. Jusqu’à la fin des temps, ils seront ses représentants sur la terre. Il nous demande une attention prioritaire pour les plus petits de notre monde. Si Jésus a placé un enfant au milieu de ses disciples, c’est aussi pour que nous restions à notre juste place, comme des « frères mineurs », disait S. François.

C’est donc là notre place, celle de serviteurs (diaconos), en tous lieux porteurs de sa présence. Il y a ce très beau chant qui le dit si bien : « Voici le serviteur humble et fidèle, l’élu de Dieu. Ecoutons-le, adorons-le, imitons-le, jusqu’à l’offrande de notre vie. »


 

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