Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 27 Septembre 2015, 26ème dimanche du temps ordinaire

Textes du jour :

  • Lecture du Livre des Nombres ( 11, 25-29)
  • Psaume 18 « Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur. »
  • Lecture de la lettre de St Jacques ( 5, 1-6)
  • Évangile de Jésus Christ selon St Marc ( 9, 38-43.45.47-48)

Homélie du Père J-F Marmier

Les paroles de Jésus dans cet Évangile me font penser à ce passage tout aussi vigoureux de l’épître aux Hébreux où il est dit qu’« elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes. » (He. 4, 12-13)

Les paroles de Jésus sont en effet tranchantes et pénétrantes. Elles nous atteignent jusqu’aux jointures de l’âme. Le Verbe de Dieu, la Parole faite chair, nous sonde jusqu’en nos ultimes profondeurs. Rien ne lui est caché. Face à la Parole, nous sommes aussi nus qu’Adam car il est écrit : « tout est nu devant elle. » Un jour, une confrontation aura lieu entre la Parole de Dieu et la nôtre « et nous aurons à lui rendre des comptes. » Ecouter la Parole de Dieu n’est donc pas sans conséquences.

« Elle est vivante, la parole de Dieu » parce qu’elle concerne la vie. On la dit « vivante », cette parole parce qu’elle donne la vie et qu’elle vise un accroissement de vie. C’est bien ainsi qu’il faut comprendre le « jugement. » Ce jugement, qui nous impressionne et souvent nous inquiète, doit être bien entendu. Le jugement personnel et le jugement final ont pour but la plénitude de la vie et non pas la destruction et la mort.

Jésus prononce ces paroles fortes pour que quelque chose change dans notre vie. Il dit cela pour provoquer la conversion du cœur, afin que nous soyons entièrement vivants. Pas la moindre parcelle de mort ne doit subsister en nous. C’est pourquoi, il faut trancher et supprimer pas mal de choses. Le but de cette « chirurgie spirituelle », il faut le redire très clairement, c’est de nous sauver et non pas de nous détruire.

Pour autant, il ne faut pas faire une lecture menaçante de ce texte ni se sentir écrasé par la vision d’un Dieu qui ne laisse rien passer. « Dieu est amour » et sa parole ne peut être qu’une parole d’amour. C’est par amour que la Parole nous avertit aussi sérieusement et sans détour. Dans ce texte, aussi difficile qu’il nous paraisse, nous reconnaissons le Christ miséricordieux et plein d’amour.

Vous savez que dans la Bible, le nom exprime l’identité de la personne, ce qu’elle est et ce qu’elle fait. Et donc, le nom de leshoua (qu’on a francisé en Jésus) signifie « Dieu sauve. » Dieu me sauve. Il ne veut pas ma destruction. Il me libère et Il m’appelle à trancher tous mes mauvais liens.

Christ Pentocrator 2Ce texte de l’Evangile me fait penser à l’icône du Christ Pantocrator* dont le regard est si intense et si pénétrant. Sur cette icône, les yeux grand ouverts du Christ vous touchent profondément. L’un des yeux est empli de douceur, l’autre de fermeté. L’un exprime la bonté et la miséricorde, l’autre la puissance et la majesté. On parle des « yeux de braise » de quelqu’un, ceux-là sont un feu purifiant qui vous brûlent de son amour.

L’expression du Christ dans cette icône est à la fois grave et pleine de douceur. Il a le visage du Sauveur et de l’Ami des hommes. C’est ce visage rayonnant de beauté et de vérité que nous contemplerons pour l’éternité. C’est ce visage auquel nous initie la Parole. Le Christ Pantocrator est Juge et Sauveur comme nous le lisons aujourd’hui.

Ces versets de l’Evangile sont très denses. Ils contiennent plusieurs enseignements. Au début, il est question de la puissance du nom de Jésus. Invoquer le nom de Jésus c’est agir en communion avec lui, selon son esprit. Celui qui invoque le nom de Jésus le rend présent. La seule invocation du Saint Nom de Jésus suffit à expulser les esprits mauvais. C’est là que Jean fait cette remarque : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas des nôtres. »

Jésus a appelé des disciples pour proclamer son Évangile, mais la réalisation du règne de Dieu ne leur est pas réservée. On peut être chrétien par le baptême et pour autant ne pas travailler à la progression du règne de Dieu. On peut aller à la messe tous les dimanches et repartir chez soi exactement comme on est venu. Le règne de Dieu dépasse les frontières de l’Église. L’hymne « Ubi caritas » le dit très bien : « Où sont amour et charité, Dieu est présent. » En effet, là où se trouve l’amour selon Dieu, là aussi s’étend son règne.

Jésus dit qu’il est présent dans le plus petit geste de charité. Il est présent dans le moindre verre d’eau offert « en son nom. » Juste après, il parle des plus petits de notre monde et là encore il se montre aussi très ferme : Il vaudrait mieux que disparaisse à jamais « celui qui entraîne la chute d’un seul de ces petits qui croient en moi. »

Chaque humain porte en lui quelque chose d’absolument unique. Ces « petits » portent en eux l’infini, l’éternel, Dieu lui-même. Car, comme on le chante aussi, « tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l’image de Dieu. » Alors, faire tomber un « petit » de quelque façon que ce soit, c’est très grave. D’où les images très fortes employées par Jésus pour nous secouer de nos torpeurs. Ces images d’enfer nous avertissent de là où peut nous conduire notre folie. Notre liberté est si grande qu’elle peut nous conduire à notre propre perte et jusqu’à la mort spirituelle.

     L’incroyable amour de Dieu ne cesse de nous appeler, mais nous avons la liberté de dire oui ou de refuser. Jésus nous avertit du grand malheur de refuser cette vie éternelle et de nous fermer à l’Amour. Nous sommes sérieusement prévenus des conséquences de nos choix présents.

L’humanité se trouve aujourd’hui dans une situation très inquiétante et particulièrement dangereuse. La seule solution, c’est de nous abandonner à la Miséricorde de Dieu. C’est tout le sens de cette année de la Miséricorde qui va commencer. Le 8 décembre prochain, le Pape François ouvrira à deux battants les portes de l’année sainte de la Miséricorde, parce que « Dieu est riche en miséricorde » (Ep. 2, 4)

*  Le Christ pantocrator est un Christ en gloire, c’est-à-dire la représentation artistique de Jésus Christ dans son corps glorieux par opposition aux représentations plus humaines du Christ souffrant la Passion sur la Croix, ou celle de l’Enfant-Jésus.

 

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