Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 18 Octobre 2015, 29ème dimanche du temps ordinaire

Textes du jour :

  • Lecture du livre du prophète Isaïe ( 53, 10-11)
  • Psaume 32  » Seigneur, ton amour soit sur nous comme notre espoir est en Toi »
  • Lecture de la lettre aux Hébreux ( 4, 14-16)
  • Évangile de Jésus Christ selon Saint Marc ( 10, 35-45)

Homélie du Père J-F Marmier

Comme toujours, ce texte doit être situé dans son contexte. A quel moment ce passage se déroule t-il ? Après la troisième annonce de la passion, alors que Jésus vient tout juste de redire qu’il va beaucoup souffrir, qu’il va mourir et ressusciter. De quoi s’agit-il ? Les disciples ne comprennent toujours pas le sens de la mission de Jésus et de leur propre mission. A quel endroit ? Sur la route de Jérusalem.

Jésus et ses disciples montent vers Jérusalem et ces derniers ont peur. La ville sainte, lieu du pouvoir politique et religieux, impressionne ces hommes de la Galilée. D’autant qu’il n’est pas prudent de se rendre au siège de ces pouvoirs quand justement on les remet en question, comme le fait Jésus. D’un autre côté, puisque Jésus est vraiment le Messie, c’est à Jérusalem qu’il doit se rendre et se manifester. Du coup, la demande de Jacques et Jean n’est pas si hors de propos qu’il n’y parait. Puisque Jésus est le Messie, il faut être au plus près de lui. Alors, « Seigneur, donne-nous de siéger avec toi dans ta gloire. » 

Les disciples interprètent la montée de Jésus à Jérusalem comme une ascension vers la gloire. Ils ne comprennent pas et leur incompréhension va en s’amplifiant, comme nous l’entendons depuis plusieurs dimanches. C’est d’abord Pierre qui s’oppose fortement à Jésus lorsqu’il annonce pour la première fois sa Passion. A la deuxième annonce de la Passion, les disciples sont effrayés ce qui ne les empêche pas de se quereller pour savoir qui est le plus grand. Puis, ils rabrouent les enfants et sont totalement déconcertés lorsque Jésus leur dit de se faire petits comme eux. Ils se demandent ce que signifie ressusciter des morts et qui peut être sauvé, tandis que Pierre s’intéresse à ce qu’il recevra pour avoir tout quitté. Et puis, aujourd’hui, troisième annonce de la Passion, et ces deux frères qui réclament les bonnes places. On voit qu’au fur et à mesure, le brouillard s’épaissit pour les disciples.

     Face à l’incompréhension des disciples, Jésus explique avec patience. Il les initie avec amour ou plus énergiquement, lorsque Pierre s’obstine. A quiconque veut marcher avec lui, Jésus apprend le chemin du renoncement et décrit l’itinéraire de la croix. A celui qui veut être le premier, il enseigne la voie du serviteur. A celui qui veut entrer dans le Royaume, il désigne la petite voie, celle où les enfants peuvent pénétrer. A ceux qui veulent le suivre, il promet des persécutions et même la mort, mais dans le monde à venir l’éternelle vie. A celui qui aura fait un simple geste, comme d’offrir un peu d’eau, il promet sa récompense.

Cette montée vers Jérusalem est très intense. Jésus annonce pour la troisième fois sa mort et sa résurrection, mais face à lui c’est toujours l’incompréhension la plus totale. On voit que chaque annonce de la Passion provoque automatiquement l’incompréhension des disciples. Les disciples qui réagissent le plus mal sont justement ceux qui entourent Jésus dans les moments les plus marquants. S. Marc nous dit par là que même les plus proches n’ont pas compris. Alors que Jésus monte à Jérusalem pour vivre la Passion, Jacques et Jean, deux témoins privilégiés, demandent des postes de gouvernement. Jésus ne reproche pas leur ambition. Simplement il tente de leur montrer qu’ils n’ont pas saisi son mystère ni le sens de sa mission.

Cette question de l’incompréhension des disciples et de notre propre incompréhension, c’est quelque chose de vraiment mystérieux et de terrifiant à la fois. Tout est dit, tout est sous nos yeux, et pourtant nous ne comprenons toujours pas. A un moment, dans un soupir triste et désolé, Jésus dira à ses disciples : « Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Comme votre cœur est endurci ? Vous avez des yeux et vous ne voyez pas, vous avez des oreilles et vous n’entendez pas ! Vous ne vous rappelez donc pas ? » (Mc. 8, 17-18)

Comment se fait-il, en effet, que nous ne comprenions pas ? Malgré les années, nous qui nous voulons proches du Seigneur, nous n’arrivons toujours pas à comprendre. Malgré la Parole entendue jour après jour et tout ce que nous recevons, nous demeurons figés dans des positionnements qui n’ont rien à voir avec la vie d’un disciple du Christ.

Cette incompréhension, notre incompréhension à tous, est effrayante. Pourtant, Jésus n’adresse aucun reproche à ses disciples. Il ne s’indigne pas de leurs préoccupations. Il les a appelés et choisis avec ce qu’ils sont, avec leurs capacités et leurs limites. Nous allons à la suite de Jésus avec ce que nous sommes, avec notre histoire, nos peurs et nos lourdeurs.

Pour suivre Jésus, il faut surtout passer avec lui par la croix et çà, c’est vraiment pas facile à comprendre. « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. » Cette coupe évoque la condamnation de Jésus et ce baptême, son immersion dans la souffrance. Les disciples font preuve d’une généreuse inconscience lorsqu’ils affirment pouvoir boire à cette coupe et recevoir un tel baptême. Alors, qu’est-ce qui va les faire sortir de l’incompréhension ? Qu’est-ce qui peut nous tirer de notre propre incompréhension ? C’est l’amour qui nous fait comprendre. L’amour comprend. C’est l’Esprit Saint, l’Esprit d’amour, qui nous arrache à notre inconscience et nous entraîne vers la lumière.

Pour nous aujourd’hui, le grand défi c’est de voir au-delà des puissants formatages que nous subissons en permanence et à tous les niveaux. Alors, comme disait si justement l’auteur de la lettre aux Hébreux, (2ème lecture) : « Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. »


 

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