Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 1er Novembre 2015, Tous les saints

Textes du jour :

  • Lecture de l’Apocalypse de Saint Jean (7, 2-4. 9-14)
  • Psaume 23  » Voici le peuple de ceux qui cherchent ta face, Seigneur »
  • Leture de la première lettre de Saint Jean ( 3, 1-3)
  • Evangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu ( 5, 1-12a)

Homélie du Père J-F Marmier

C’est aujourd’hui la fête de tous les saints et demain nous prierons pour tous les défunts. Ces célébrations ressemblent à ce qui se passe dans la nature en cette période de l’année. La pluie secoue les arbres où flottent encore quelques feuilles poursuivies par le vent. Au fil des jours et des semaines, tout finira par se dépouiller totalement pour ne retenir que l’essentiel. La lumière crue de cette fin de saison ne dissimule plus rien. Face à ce dénuement chacun devrait se demander en lui-même ce qui est essentiel dans sa vie. Celui qui n’a pas effacé de son cœur le lien intime de tout vivant avec la Création se demande où va la vie. Où allons-nous ? Où va ma vie ? Où nos défunts sont-ils « partis », comme on dit ?

Avec le mois de novembre, nos liturgies quotidiennes et dominicales sont tintées d’allusions à la fin du monde. Ce temps liturgique nous appelle à projeter nos vies dans ce monde nouveau que Jésus appelle le Royaume. La Parole nous ouvre sur l’au-delà, comme l’automne et l’hiver s’ouvrent lentement et secrètement sur le printemps. Pour autant, nous ne vivons pas cette vie en mode de sursis, mais avec la ferveur d’un amour qui veille et d’une joie qui espère : « J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir. »  Sur cette terre, les saints étaient profondément habités par cette heureuse perspective du « monde à venir. » Sans crispation mais avec un intense désir, ils attendaient l’immense joie du ciel.

Vous savez, il y a cette petite phrase qui nous habite et nous poursuit depuis l’enfance. Nous sommes individuellement et collectivement imprégnés par cette idée tenace qu’on n’est pas là pour rigoler. Depuis qu’on est venu au monde, on entend : Tu dois faire ceci. Tu dois passer cela si tu veux réussir… Tu dois te battre sinon… On nous dit que la vie est un combat et que voit-on partout ? Tout n’est que lutte et combat. Programmation réussie mais bien triste perspective.

Que dit Jésus ? « Heureux ! Sois heureux ! » Les Béatitudes opèrent en nous un véritable démantèlement. Elles nous libèrent personnellement et individuellement. On est là pour être heureux et pour s’enchanter. On est là pour s’émerveiller. On est là pour goûter cette jubilation d’être vivant. On est là pour sourire à la vie. Telle est la joie des saints. Ils nous appellent à nous déprogrammer de ces vieilles et nauséabondes croyances qui nous infectent et nous pourrissent la vie.

Les saints nous disent que nous n’avons pas une minute à perdre pour être heureux de la joie même de Dieu. La violence du monde et sa folie, nos peurs, notre affaissement et tous nos désordres ne sont qu’une invitation pressante à la sainteté. « L’Eglise n’est pas un hôtel pour les saints. C’est un hôpital pour les pêcheurs », disait avec un certain sens de la formule Mgr. Enzler (Archidiocèse Washington).

Il s’agit donc de se laisser purifier, pacifier et sanctifier par le Saint. Quand des êtres humains se laissent aimer et soulever par Dieu, quand sa grâce peut agir librement en eux, toute leur personne en est alors transfigurée. Tous ces élans d’amour, de générosité et de liberté, toute cette énergie spirituelle devrait aujourd’hui nous soulever. Cette fête de tous les saints doit raviver notre espérance.

Les saints sont inspirants. En ces temps de désenchantement, le parcours de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants, est profondément inspirant. On lit dans la 1ère préface des saints ces mots superbes : « Dans leur vie, tu nous procures un modèle, dans la communion avec eux, une famille, et dans leur intercession, un appui ; afin que, soutenus par cette foule immense de témoins, nous courions jusqu’au bout l’épreuve qui nous est proposée et recevions avec eux l’impérissable couronne de gloire… » La 2ème préface des saints dit encore : « Aujourd’hui, nous te rendons grâce, car leur exemple nous stimule et leur prière fraternelle nous aide à travailler pour que ton règne arrive. »

     Les saints sont inspirants. Certains marquent profondément notre vie. Nous vivons avec eux une véritable amitié spirituelle. D’autres saints traversent notre vie de façon inattendue. Ont-ils reçu du Ciel une mission particulière pour nous entraîner vers le Dieu Saint ?

Les saints sont inspirants pour notre temps. Ils nous disent que les choses peuvent être autrement. On peut sortir de cet enfer. On peut se transformer. Il suffit de se laisser faire, de se laisser défaire, de se laisser refaire par le seul Saint. Ceux qui sont ainsi transformés sont contagieux. Ils deviennent de généreux diffuseurs de paix, de joie, de bonheur. Dans l’esprit des Béatitudes, ils nous disent : « Heureux ! Soyez heureux ! » Nous ne sommes pas sur cette terre pour vivre dans la terreur, pour nous « gaver » ou compenser notre mal-être. Nous sommes ici pour nourrir la joie et le bonheur : « Heureux ! Soyez heureux ! »

Souvent, nous admirons la perfection des saints. Nous mesurons leur sainteté à l’héroïcité de leurs vertus. Les saints ont été parfaits en charité. Peu à peu, parfois même lentement, difficilement, l’amour a atteint en eux sa perfection. J’aime cette pensée de C-G. Jung selon laquelle « Il ne s’agit pas d’atteindre la perfection, mais la totalité. » Il s’agit d’être complet, d’avoir accompli ce que nous avions à faire ici. Il s’agit d’avoir réalisé sa mission et non pas le programme qu’on ne cesse de vouloir nous imposer. Ainsi, achevant sa mission, Jésus disait : « Tout est accompli. Père, en tes mains je remets ma vie. »

Dans son livre « Gagner le combat spirituel », le Père Descouvrement dit que « Nous vivons tellement en-dessous de nos moyens, tant physiques que spirituels ! » La fête de tous les saints nous rappelle aujourd’hui notre devoir de sainteté. Ne vivons pas en-dessous de nos capacités spirituelles.

Etre un saint ne signifie pas vivre en lévitation, les yeux révulsés et la tête inclinée à midi moins le quart. La sainteté appelle chacun à poser sa pierre pour bâtir le Royaume annoncé par Jésus. La Toussaint, c’est la fête de ces milliers de bâtisseurs de ce Royaume au fronton duquel il est écrit : « Heureux ! Soyez heureux ! »


 

 

 

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