Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 22 Novembre 2015, Le Christ Roi de l’univers

Textes du jour :

  • Lecture du livre du prophète Daniel (7, 13-14)
  • Psaume 92  » Le Seigneur est roi; il s’est vêtu de magnificence »
  • Lecture de l’apocalypse de Saint Jean( ( 1, 5-8)
  • Evangile de Jésus Christ selon Saint Jean ( 18, 33b-37)

Homélie du Père J-F Marmier

La solennité du Christ Roi de l’Univers signe aujourd’hui la fin de l’année liturgique. Depuis quelques semaines déjà, la Parole évoque quotidiennement cette réalité de la fin. Nous ne sommes pas très à l’aise avec les fins dernières et notre propre fin à chacun. Il m’apparait que je suis un être mortel et que mon existence terrestre est limitée. Face à cette douloureuse évidence, la Parole insiste sur le fait qu’on ne peut pas parler de fin sans parler aussi de renouveau. On ne peut pas évoquer la mort sans envisager aussi la vie. Le temps liturgique nous rappelle qu’il y a toujours un moment où quelque chose se termine afin qu’une autre s’ouvre.

L’actualité du monde semble montrer que nous sommes dans une période intermédiaire. On cite souvent la fameuse phrase d’Antonio Gramsci qui dit : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » Entre copilote et tireurs fous, des réalités monstrueuses nous sautent chaque jour à la figure. Ces poussées de violence sont les convulsions du vieux monde qui s’expriment dans une rage féroce et cruelle. Ces monstres continueront à se propager jusqu’à ce que tout soit restauré dans le Christ, le Rédempteur de l’homme et le Roi de l’Univers.

Ce matin, le prophète Daniel et S. Jean nous prennent par la main pour nous faire avancer dans ce clair-obscur. Que dit Daniel : « Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un fils d’homme… » Nuit, nuées, c’est obscur. Dans ces ténèbres, on devine, on presse que quelqu’un s’approche, « un fils d’homme. Il parvint jusqu’au vieillard. » Qui est donc ce vieillard ? Le vieillard, c’est la sagesse du temps, la compréhension de l’histoire, une longue expérience d’humanité. Tout s’incline devant ce vieillard, tout vivant se prosterne devant lui. « Sa domination éternelle ne passera pas et sa royauté ne sera pas détruite », dit le prophète Daniel.

De quelle royauté s’agit-il ? C’est précisément là qu’intervient S. Jean : « A vous, la grâce et la paix, de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, le prince des rois de la terre. A lui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père, à lui, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. Amen. »

Aujourd’hui, ce salut glorieux retentit partout dans le monde. Les étendards du Roi sont levés pour acclamer la royauté du Seigneur Jésus. Ces versets sont extraits de l’Apocalypse, un livre étonnant et complexe tissé de références bibliques et de symboles qui pour nous sont difficiles à pénétrer. S. Jean l’a rédigé dans un temps de persécution. C’est pourquoi, ce passage révèle un Christ en gloire, victorieux et rayonnant de majesté.

    « Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers. » Le Seigneur est de tous les temps et de toutes les époques. Il est Celui devant lequel toute chose, tout être vivant, se tiendra à la fin. Il est Celui devant lequel nous sommes appelés à nous tenir dès maintenant. La liturgie, la prière, l’adoration sont ces moments où j’apprends à me tenir devant Celui qui est.

Ce texte a été transmis à des communautés dévastées par la douleur, l’inquiétude et le doute. Ces mots de feu nous atteignent aujourd’hui dans notre trouble. Nous vivons dans des sociétés tellement sécularisés et des communautés tellement tièdes qu’on ne sait plus ce que signifie crier vers Dieu et mettre sa confiance en Lui. Le Seigneur parle au présent, il affirme sa présence actuelle. Il vient inaugurer la création nouvelle. Le temps et l’espace, le ciel et la terre, tous les êtres créés, tous les hommes du passé à l’avenir, sont convoqués et impliqués dans cet avènement universel. Tout est appelé à se transformer. L’Apocalypse nous avertit très sérieusement : soit tu entres maintenant dans ce projet de Dieu, soit tu le refuses. Soit tu mutes, soit tu meurs. 

      Cette solennité du Christ Roi s’inscrit aujourd’hui dans un monde à feu et à sang. C’est dans ce contexte que nous recevons avec enthousiasme l’affirmation de S. Jean : le Christ « nous a délivrés. » Nous sommes sauvés ! S. Jean nous appelle à un regard contemplatif sur la présence réelle et actuelle de Jésus. Pour cela, il énonce trois titres de Jésus : Témoin fidèle, premier-né d’entre les morts et souverain. Le témoin c’est le martyr, celui qui donne sa vie jusqu’au bout. Ensuite, par sa résurrection Jésus est le premier-né, celui qui nous ouvre le chemin de la vie et, nous l’affirmons joyeusement, il est Roi.

En quelques phrases, dans un climat liturgique, S. Jean nous fait pénétrer le mystère du Christ. Ces versets nourrissent notre réflexion sur le Christ et notre contemplation de sa royauté. Ils nous appellent à proclamer à notre tour : « Amen ! Gloire à toi mon Seigneur et mon Roi ! » 

      Le Christ est le Pantocrator, le Tout-Puissant. Pourquoi règne t-il ? Parce qu’il a détruit le péché et vaincu le mal, bien sûr. Mais surtout, Jésus règne parce qu’il a aimé et servi jusqu’au bout. Jésus est Roi par le don de sa vie. La Croix est son trône et sa « royauté n’est pas de ce monde. » Le règne de Dieu est totalement différent de ceux que nous connaissons, comme nous le voyons dans cette confrontation de Jésus avec Pilate.

Le prophète Daniel et S. Jean nous ont escorté jusqu’au Roi dont le Psaume 92 célèbre la grandeur : « Le Seigneur est roi ; il s’est vêtu de magnificence, le Seigneur a revêtu sa force. » La force de Jésus c’est celle de son amour. Un amour qui le rend vulnérable à l’en crucifier. « Et la terre tient bon, inébranlable ; dès l’origine ton trône tient bon, depuis toujours, tu es. » A nous qui mettons si gravement en péril nos propres écosystèmes et ceux de la terre, il est rappelé que la foi, l’espérance et l’amour font partie de notre écosystème intérieur. Au Seigneur souverain sont le règne, la puissance et la gloire pour l’éternité.


 

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