Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 29 Novembre 2015, 1er dimanche de l’Avent

Textes du jour :

  • Lecture du livre du prophète Jérémie ( 33, 14-16)
  • Psaume 24  » Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme, vers toi, mon Dieu »
  • Lecture de la première lettre de St Paul apôtre aux Thessaloniciens ( 3,12- 4,2)
  • Evangile de Jésus Christ selon St Luc ( 21, 25-28. 34-36)

Homélie du Père J-F Marmier

Nous commençons aujourd’hui une nouvelle année liturgique. Le temps liturgique nous apprend à accueillir et à célébrer le Dieu qui vient ici et maintenant. Ce dimanche, un chemin s’ouvre devant nous. Nous entrons dans l’Avent avec des paroles vigoureuses. Un appel pressant nous est adressé. L’Avent, c’est un temps d’éveil et de réveil intérieur, c’est un voyage à la rencontre de celui qui vient.

Nous nous mettons en route ce matin avec le même évangile qu’il y a deux semaines mais dans la version de S. Luc. Avec ce texte de type apocalyptique, la Parole ne nous laisse donc pas somnoler sur la paille de la crèche. Ces textes nous encouragent à être des veilleurs et des guetteurs en ce monde qui bascule dangereusement du côté de la nuit. L’Avent nous appelle à la vigilance, à cette « garde du cœur » si chère à nos anciens Pères.

Ce dimanche encore, la Parole nous met devant le Christ quand il viendra à la fin de notre monde. Les très graves questions environnementales auxquelles nous sommes confrontés accentuent fortement cette idée de fin. Il faut dire que dans ce domaine, toute la littérature scientifique, toute les études et d’abord nos propres observations ne nous incitent vraiment pas à l’optimisme, même si la tendance générale c’est d’affirmer qu’il n’y a aucun problème. « Le tropisme naturel de l’occidental moyen c’est -no catastrophe-. » (interview Dominique Bourg).

Dans les écoles de journalisme, on parle de la loi de proximité et même de la loi du mort-kilomètre (source Wikipedia). C’est-à-dire que plus un événement est distant de moi, moins il éveille mon attention. Plus les victimes sont éloignées de notre réalité, moins elles suscitent d’empathie. En plus, l’émotion n’a qu’un temps puisque très vite une nouvelle catastrophe éclipse l’autre. En réalité, c’est assez classique, les hommes ne se préoccupent jamais que de ce qui les touche de près. Effectivement, des phénomènes graves et d’une extrême violence se manifestent un peu partout mais la vie continue et puis ce n’est pas ici (pas encore). La Parole vient justement réveiller notre vigilance et notre compassion.

Au moment où Jérémie prononce ces paroles, Jérusalem est assiégée par les armées babyloniennes. L’ennemi est à ses portes et la catastrophe est imminente. C’est alors que Dieu envoie son prophète à ce peuple totalement désespéré. Jérémie a pour mission d’annoncer que, malgré les apparences, il y aura un avenir. Un descendant de David exercera le droit et la justice. Ce sera le Messie. Durant le temps de l’Avent, l’Eglise nous redit que Dieu est fidèle à ses promesses. Il ne nous abandonnera pas à notre propre folie. Comme on chantait autrefois : « Tu es le Dieu fidèle éternellement ! »

« Viendront des jours, dit Jésus, où les malheurs arriveront sur le monde. Les puissances des cieux seront ébranlées et les nations seront affolées par ces bouleversements. » Les signes que décrit Jésus, nous les voyons tous les jours. La grande fresque de la fin des temps s’accomplit en temps réel. Elle se dessine chaque jour un peu plus sous nos yeux. Face à ces réalités, les réactions sont très diverses : le déni, la sidération, la peur, la colère, l’abattement, la résignation, la dérision, mais plus généralement c’est la préoccupation zéro.

Jésus nous demande un regard de transparence et de lucidité par rapport à tous ces événements. Nous sommes prophètes par notre baptême. Le prophète, c’est celui qui lit sous l’écorce de l’événement. Nous sommes prophète pour comprendre le sens profond de ce qui se passe. Et c’est pourquoi, au lieu d’être abattus par toute cette folie, Jésus dit : « Relève la tête. Comprend que je suis à l’œuvre. Vois, je viens ! » L’Avent fait de nous des prophètes d’espérance.

Antoine, le père des moines du désert, disait un jour : « Un temps vient où les hommes seront fous et quand ils verront quelqu’un qui n’est pas fou, ils s’insurgeront contre lui, en disant : ‘Tu es fou’, parce qu’il n’est pas comme eux. » (Sentences des pères du désert, Solesmes)

A longueur de journée, nous voyons cette folie prendre davantage d’ampleur et nous pensons que tout cela n’a pas de sens. Si nous lisons l’actualité d’une manière horizontale, tout cela n’a en effet aucun sens. Mais, par grâce prophétique, nous pouvons découvrir le sens de l’histoire. Au cœur de l’hiver, le temps de l’Avent nous fait pressentir la secrète et réelle germination du royaume. Tout ce qui existe, toutes personnes, le monde entier, tout est appelé à s’ouvrir pleinement au Dieu qui vient. La Parole montre que depuis l’origine et jusqu’à la fin des temps il y a un sens, il y a un mouvement : Dieu vient ! Il ne cesse de venir. Le Royaume, est en germination.

Dans la Bible et à vue humaine, c’est quand il n’y a plus aucun espoir que Dieu annonce qu’Il va intervenir. Chaque fois que l’horizon des perspectives humaines est complètement bouché, Dieu vient sauver la vie. Il fait renaitre l’espérance en l’homme et l’appelle à s’en remettre à sa seule grâce. Jésus le dit précisément à ses disciples, il nous le dit aujourd’hui : « Vous, ne succombez pas à la peur, restez éveillés et gardez l’espérance car vous verrez le Fils de l’homme venir avec grande puissance et grande gloire. »

Jésus nous dit quelle est l’attitude juste : « Redressez-vous. Levez la tête. » La station debout, c’est la position de l’orant. C’est ainsi qu’est représenté l’homme en prière dans les catacombes vers le 2ème siècle. L’orant est debout mains levées et paumes tournées vers l’avant : « Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme, vers toi, mon Dieu. » Pour élever son âme, il faut retrouver une certaine légèreté intérieure en nous défaisant de tout ce qui nous alourdit. Il y a tout ce qu’on traîne et qui souvent nous entraîne. Quoi qu’il se passe, dit Jésus, ne soyez ni effondrés ni écrasés et ne vous alourdissez pas. Se réveiller, se redresser, s’alléger, veiller, accueillir le Dieu qui vient, voilà la spiritualité propre au temps de l’Avent.


 

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