Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 13 Décembre 2015, 3ème dimanche de l’Avant.

Textes du jour :

  • Lecture du prophète Sophonie ( 3, 14-18a)
  • Cantique Isaïe 12 4, 2-3, 4bcde, 5-6  » Jubile, crie de joie, car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël »
  • Lecture de la lettre de St Paul, Apôtre aux Philippiens ( 4, 4-7)
  • Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc ( 3, 10-18)

Homélie du Père J-F Marmier

Chaque année, le troisième dimanche de l’Avent, il se passe un phénomène étrange. Aujourd’hui, la nuit s’estompe un instant pour nous laisser pressentir la joie de Noël. Une lumière nous parvient et nous enveloppe déjà, comme le signifie la couleur peu habituelle des vêtements liturgiques. Le Seigneur vient, il s’approche et aussitôt les ténèbres reculent.

Ce dimanche est traditionnellement celui de la joie. Chacune des lectures ruisselle de joie. Le prophète Sophonie en est le chantre avec des mots qui jaillissent comme un chant de victoire : « Pousse des cris de joie, éclate en ovations. Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie. Tu n’as plus à craindre le malheur. Le Seigneur ton Dieu est en toi, il t’apporte le salut. Il met en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour. » 

     L’homme est fait pour la joie. Jésus le proclame dès le début de son ministère public : « Heureux, soyez heureux. » Le véritable indice d’une vie, c’est la joie de vivre. Pour autant, on ne se réfère pas à la joie comme critère de bonne santé des peuples. La joie n’apparait dans aucun programme. On utilise d’autres baromètres. Pour mesurer le niveau dans une école on prend en compte les notes. Pour mesurer le niveau d’évolution d’une société, d’une entreprise ou d’une communauté, on regarde les résultats. On mesure  le progrès des pays au moyen de baromètres tels que le PNB, le PIB, les salaires, le temps de travail, le pouvoir d’achat etc.

Ces chiffres et ces calculs ont leurs limites. Dans certains pays aux revenus très faibles, il est troublant de constater la joie de vivre au quotidien. On voit, ne serait-ce que dans des reportages, ces visages radieux, ces yeux d’enfants pauvres pétillants et débordants de vie. La joie est un état intérieur, un art de vivre. Elle ne dépend pas de ce que nous possédons mais du regard que nous portons sur la vie.

La joie, c’est une recherche et un travail. On la cultive au quotidien. On se met en quête de bonheur, comme ces foules qui se rendaient au désert et questionnaient Jean-Baptiste : « Que devons-nous faire ? » La joie, on va la chercher et finalement on la trouve en soi. Nos sociétés libérales ont valorisé le profit, la compétition et l’individualisme, exacerbant ainsi les inégalités et les jalousies, provoquant solitude et mal-être. Alors, dans le domaine de la joie, nous avons beaucoup à apprendre.

Nous arrivons au début de ce XXIème siècle avec l’impression de parvenir au sommet de la civilisation. Sauf qu’on n’a jamais été aussi tristes, aussi malades, aussi violents et dégénérés. Epuisement des corps, des cœurs, des sols, de l’air, de tout. Est-ce là le sommet ? J’aime l’audace et l’esprit d’aventure de ce gens qui s’enfuyaient au désert pour y trouver des réponses. Ils avaient compris que rien ne pourrait venir des grands de ce monde. Alors, « que devons-nous faire ? » Coupés de nous-mêmes, coupés de Dieu et des autres, coupés de la Création, nous ne savons plus pour quoi nous sommes faits et chacun se demande : « Que dois-je faire en ce monde ? »

Nous sommes trop souvent spectateurs de ce qui arrive et de ce qui nous arrive. Quand on écoute les gens, on a l’impression que le mal-être, la maladie, les disfonctionnements psychiques, la crise, le dérèglement climatique, le désastre environnemental, la criminalité grandissante, la violence et tant d’autres réalités nous tombent dessus par hasard : « J’y suis pour rien, je suis innocent de ce qui m’arrive, çà m’est tombé dessus comme çà ! » Notre environnement, notre éducation, nos conditions de vie, notre alimentation, l’air que l’on respire, tout çà semble ne rien à voir dans notre état d’être. Et bien, ce discours là, c’est le plus gros mensonge qu’on peut se raconter à soi-même. Si on est dans la situation où on se trouve actuellement, c’est parce que notre mode de vie nous y a conduit. On a fait des choix, on a posé des actes qui nous ont mis dans la situation où nous sommes. Pour autant, on n’est pas entièrement coupable parce que ces choix n’étaient pas éclairés. On ne nous a pas appris la règle du jeu, on ne nous a pas transmis les lois de vie, personne ne nous a communiqué le mode d’emploi.

Jean-Baptiste fait sauter les prétextes, les excuses, les facilités, les conformismes et les sécurités. Il remet les gens devant leurs responsabilités : « Tu es responsable de tes choix de vie. Tu as la responsabilité de ton chemin de vie. » Alors que tout nous déresponsabilise, alors qu’on voudrait remettre à d’autres la responsabilité de notre vie et de notre monde, nous devons y faire face avec lucidité et clairvoyance. Si jusqu’à présent nos choix de vie nous ont conduits à l’état d’épuisement où nous sommes, c’est notre responsabilité de choisir la vie. Du premier au dernier verset la Parole nous dit : « Choisis la vie ! »

La joie est liée à la question du sens de la vie. Si je sais pourquoi j’existe et pour quoi je suis là, la joie de vivre en découle. Les foules en quête de sens ont trouvé en Jean-Baptiste un guide. C’est important de mettre de l’information et de la connaissance dans sa vie. C’est essentiel d’apprendre et de transmettre ces grandes lois de vie qui président au bon fonctionnement de notre corps, de notre cœur, de la vie commune, ces lois du vivant, de la terre, des sols etc. Ignorer ces lois de vie, c’est devenir le jouet inconscient des profiteurs et des manipulateurs. Tandis que le savoir et la connaissance procure la joie.

La grâce de Jean-Baptiste, c’est d’extirper les racines de l’illusion et de nous remettre en route. Des gens sont venus vers lui avec leurs questions existentielles. Jean entend ces quêtes et ces souffrances. Il lave à grande eau baptismale les cœurs déchirés et les plaies de l’âme. Il enseigne comment vivre dans ce monde confus et agité. Mais surtout, plus que proposer des pistes pour vivre, il annonce et prépare la venue de Celui qui vient pour nous aimer et nous sauver. Beaucoup désespèrent, persuadés qu’ils ne vont jamais en sortir. Jean-Baptiste déclare que Dieu veut habiter chez nous, qu’Il est de notre côté et que c’est Lui la source de notre joie. Alors, comme dit S. Paul, « Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie.


 

 

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