Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 20 Décembre 2015, 4ème dimanche de l’Avant

Textes du jour :

  • Lecture du livre du prophète Michée ( 5, 1-4a)
  • Psaume 79  » Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés! »
  • Lecture de la lettre aux Hébreux ( 10, 5-10)
  • Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc (( 1, 39-45)

Homélie du Père J-F Marmier

Dieu a un projet pour vous. Dieu a un projet pour le monde. Dieu a un projet d’amour pour chaque être humain. Ce projet s’appelle Jésus. Le temps de l’Avent nous convie à travailler à ce projet d’amour qui prend corps dans la nuit de ce monde. C’est pour cela que Jean-Baptiste est un guide remarquable. Sa voix retentit jusqu’au fond de nos déserts intérieurs : « Redresse-toi, ouvre-toi, élève-toi. Entends celui qui vient à toi. » Nous avons réellement besoin d’une mise à niveau et d’une élévation de nos êtres. Sans ce travail intérieur, les fêtes qui viennent n’auraient vraiment aucun sens.

Le temps de l’Avent nous entraîne sur des chemins de compassion, de paix et de partage. Au-delà de nos histoires personnelles et familiales, Noël c’est un chantier fraternel. Si le monde nouveau annoncé par les prophètes ne prend pas corps en nous et chez nous, il ne sera qu’une pensée stérile, une pure illusion mentale. C’est pourquoi, depuis le début de l’Avent, la Parole prophétique nous initie au changement et à la transformation.

Nous entrons maintenant avec Marie dans la dernière semaine de l’Avent. Le projet de Dieu a pris chair en elle. Personne mieux que Marie ne peut nous aider à accueillir Jésus. Marie se tient à nos côtés dans le pèlerinage de notre vie. Elle partage les saisons joyeuses, lumineuses et douloureuses de notre vie en attendant l’éternelle saison glorieuse du Seigneur. L’Evangile dit que Marie est en chemin. Nous nous mettons donc en route avec Marie à la rencontre de celui qui vient nous sauver.

« En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle… » La Visitation, c’est une rencontre des entrailles et du cœur. Ce jour-là, une immense promesse de vie retentit au creux de ces montagnes de Judée. L’écho de la joie du ciel qui se répand sur la terre nous parvient dans le chant du Magnificat.

Ce récit commence par un voyage en toute hâte, parce que l’amour est sans délai. Marie va à la rencontre, elle se met en service, elle s’offre et se donne. La démarche de cette jeune fille nous touche et nous sollicite. Vers qui nous hâter ? A qui rendre visite ? Qui puis-je aider et soutenir ? Mais aussi, qui s’approche de moi pour faire grandir l’alliance ? Qui est pour moi porteur de vie nouvelle et de bénédiction ?

La Visitation contraste avec ce monde qui nous replie sur nous-mêmes. On se réjouit de se retrouver un moment à la Noël alors qu’on est créés pour vivre ensemble. Nos modes de vie sont à ce point délétères qu’on ne s’en rend même plus compte. On vit en totale rupture avec la Création, dans le non-respect des rythmes de vie, la fatigue chronique, le manque de relations profondes, dans un climat de mensonge et d’abus de tous ordres. Cette triste litanie n’est qu’un petit extrait de notre mode de vie actuel. C’est un mode de vie qui est juste l’opposé de ce que nous devrions vivre, un mode de vie intenable qui est simplement en train de nous tuer.

Pourquoi et comment en sommes-nous arrivé là ? La littérature est abondante sur ce sujet. On entend souvent qu’à compter de la première guerre mondiale, l’humain a comme déclaré la guerre au vivant. Cette guerre implacable menée contre la vie a désormais pris des proportions colossales et terrifiantes. La guerre au vivant est implacable dans tous les domaines. Elle se diffuse dans tous les lieux de manière effrayante. Elle colonise les espaces les plus sacré, elle atteint gravement nos corps et met en feu notre maison la terre. La réponse de Dieu à ce massacre ? Un petit enfant couché sur une brassée de foin une nuit dans un petit coin obscur de notre planète. La réponse de Dieu, c’est son fils né d’une femme de chez nous.

La Visitation est un récit de foi dans le Dieu de miséricorde, d’espérance en ses promesses de vie et d’amour pour Celui qui vient nous aimer et nous sauver. La rencontre de l’aînée et de la jeune femme se déroule dans la maison, qui est le lieu de l’hospitalité et de la bénédiction. A quelques jours de fêter le Nativité, à l’heure des préparatifs, nous demandons à Marie de visiter nos maison. Nous demandons au Seigneur d’imprégner nos maisons et nos familles de sa bénédiction. Nous voulons que nos maisons soient des lieux de foi, des lieux d’espérance et d’amour.

Elisabeth et Marie sont deux femmes de l’Alliance. Toutes deux portent en elles la vie. Par elles, la Bonne Nouvelle de Jésus se fraie un passage dans notre humanité. C’est à peine concevable, Dieu veut entrer dans notre famille humaine. Dieu n’a de répulsion pour aucune de ses créatures, puisque son Fils épouse notre humanité.

Comme autrefois, Marie vient nous visiter. Pour arriver jusqu’à Aïn Karim, chez sa vieille parente, elle a franchi une longue distance sur une route peu sure, creusée de ravins et barrée de collines. Marie vient aujourd’hui encore à la rencontre de notre vieille humanité souvent stérile. Elle nous appelle sur les chemins de mort où nous nous égarons si dangereusement aujourd’hui..

Marie est notre plus proche parente. Dès que Marie est là, dans une vie, une famille, une communauté, la joie ruisselle de toute part. Lorsque Marie est là, tout est marqué du sceau de la joie. Chez les chrétiens orthodoxes, l’icône de la Mère de Dieu, figure en bonne place dans « le beau coin. » Auprès de ce visage, la flamme d’une veilleuse soigneusement entretenue imprègne la maison de douceur et de paix.

Ce dernier dimanche de l’Avent nous associe à la joie Marie et à son attente du Christ. La joie accompagne toujours l’œuvre de Dieu. Cette joie éclate dans le Magnificat : Le Seigneur fait pour nous des merveilles. C’est de la présence de Dieu que naît la vraie joie. Alors, comme dit un très beau chant : « Réjouis car il vient, l’Epoux que rien ne retient. En bondissant il accourt. Il fait entendre sa voix : Sors de la nuit, viens à moi, Je suis à toi pour toujours ! »


 

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