Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 27 Décembre 2015, Sainte Famille

Textes du jour :

  • Lecture du premier livre de Samuel (1, 20-22. 24-28)
  • Psaume, 83  » Heureux les habitants de ta maison, Seigneur! »
  • Lecture de la première lettre de St Jean ( 3, 1-2. 21-24)
  • Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc ‘2, 41-52)

Homélie du Père J-F Marmier

Dans quelques jours, nous commencerons une nouvelle année. Vous connaissez cette vieille expression française : « En l’an de grâce. » Avec ce Jubilé de la Miséricorde, cette année sera vraiment, je le crois, un temps de grâce. En cette fête de la sainte Famille, nous entendons de la bouche même de Marie comment vivre une année de grâce : « Ton père et moi nous te cherchions. » Chercher le Seigneur, se mettre en route, aller à sa rencontre, c’est ainsi que nous vivrons une année de grâce. La bonne année que l’on se souhaite ne découle ni de l’arbitraire ni du hasard mais de nos choix de vie.

Chaque année, le dimanche qui suit Noël nous fêtons la Sainte Famille. Quelles que soient les situations, la famille demeure un repère majeur dans la vie. Elle est le milieu dans lequel on est normalement accueilli dès la naissance. C’est là que chacun s’insère dans la famille humaine. C’est aussi dans la famille que, le plus souvent, se transmet la foi.

« La vie conjugale et familiale est un chemin spirituel », disait le Pape Jean-Paul II aux familles à Ste-Anne d’Auray il y a bien des années. La Parole nous propose plusieurs passages pour visiter la manière dont nous vivons nos relations conjugales et familiales.

Au premier livre de Samuel, nous avons l’histoire d’Anne. C’est une femme stérile qui avait demandé avec insistance à Dieu de lui accorder un enfant. Exaucée, elle vient rendre grâce à Dieu non seulement en présentant mais en offrant son enfant au temple de Silo. « C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande. A mon tour je le donne au Seigneur… » En quelques mots, la sagesse biblique nous rappelle que l’enfant est un don de Dieu et qu’il n’est la propriété de personne.

  1. Paul écrit aux Romains : « Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. » (Rm. 14, 8) Dieu nous confie personnellement ceux que nous recevons comme nos enfants. Dans la Bible, l’enfant est toujours accueilli comme une bénédiction de Dieu. Les parents sont des « passeurs de vie. » Ils reçoivent ces êtres qui appartiennent à Dieu. Marie a accepté en disant : « Je suis la servante du Seigneur. Qu’il me soit fait selon ta parole ! » Joseph aussi a donné son accord : « Il prit chez lui son épouse… Elle enfanta un fils auquel il donna le nom de Jésus. »

Passeurs de vie, les parents le sont à bien des niveaux comme le rappelle ici l’Evangile. Les parents ont une responsabilité importante comme passeurs de la vie divine. Jésus a été initié aux pratiques religieuses juives traditionnelles. A douze ans, ses parents se rendent avec lui en pèlerinage à Jérusalem. Notre famille humaine n’est pas la seule référence parce que nous faisons partie de la famille de Dieu. D’où la réponse de Jésus : « Il me faut être chez mon Père. » C’est en Dieu que nous devons être.

     Dans sa première lettre, S. Jean nous rappelle que, nous aussi, nous sommes enfants de Dieu. Jésus est Fils de Dieu par nature et nous sommes enfants de Dieu par adoption. Non seulement, dit S. Jean, nous portons le nom d’enfants de Dieu, mais « nous le sommes vraiment. » Dieu est né en nous. Il demeure en nous. Il a mis en nous sa Présence, Il a mis en nous son Esprit qui fait de nous ses enfants d’adoption. Nous appartenons à cette grande famille de Dieu, l’Eglise. Nous sommes tous frères et sœurs de Jésus, enfants adoptifs de Dieu.

La fête de la Sainte Famille, c’est la fête de toute l’Eglise, la fête des enfants de Dieu, la fête de la famille de Dieu. Dieu appelle chaque homme à devenir frère de Jésus pour que l’humanité devienne une grande famille. Et c’est par le baptême que nous entrons dans la famille de Dieu. Dans le baptême, votre enfant est aussi votre frère ou votre sœur dans le Christ. Jésus l’a dit : « Ma mère, mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique. » Une grande fraternité nous unit les uns aux autres dans le Christ.

Le contexte de ce passage de l’Evangile, c’est celui du pèlerinage à Jérusalem. Dans la suite, tout l’Evangile de S. Luc est centré sur la mission de Jésus et sa montée à Jérusalem. Il y vivra la Passion trois jours durant pour que nous, ses frère, soyons délivrés du péché et sauvés de la mort. A Jérusalem, Jésus livrera sa vie pour que nous soyons tous enfants de Dieu et membres de sa famille pour l’éternité. On y trouve déjà une allusion dans le texte d’aujourd’hui avec les trois jours pour retrouver Jésus perdu.

Entre ce premier pèlerinage de Jésus à Jérusalem, alors qu’il a douze ans, et le dernier où il y mourra, une nouvelle famille naîtra, celle des enfants d’un même Père. Nous avons la joie d’appartenir à cette famille universelle et nous prions pour que cette famille s’étende autant que possible à tous les humains.

Comme Marie et Joseph, nous avons tous à chercher Jésus. Chercher Dieu, c’est le but ultime de notre vie. Dans le mariage, les époux chrétiens ont la grâce de chercher le Christ ensemble. Pour une famille chrétienne, il s’agit de faire ensemble l’expérience de Dieu au quotidien : « Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter encore ! » (Ps. 83)

Au cœur de la foi, il doit y avoir une recherche permanente et chaque année de notre vie nous est accordée pour avancer dans cette quête de Dieu : « Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu. » (Ps. 105)

L’an de grâce 2016, en l’année du Grand Jubilé de la Miséricorde du Seigneur, nous devrions faire un pas important dans notre chemin de vie et de foi. Nous ne vieillissons pas, nous nous transformons et nous nous renouvelons. Car, je vous le rappelle, la jeunesse n’est pas derrière nous, elle est devant nous. « Heureux les hommes dont tu es la force, Seigneur : des chemins s’ouvrent dans leur cœur ! » (Ps. 83)


 

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