Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 12 Juin 2016, 11ème dimanche du temps ordinaire

Textes du jour :

  • Lecture du deuxième livre de Samuel (12, 7-10.13)
  • Psaume 31  » Enlève, Seigneur, l’offense de ma faute »
  • Lecture de la lettre de Saint Paul, Apôtre aux Galates (2, 16. 19-21)
  • Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc (7, 36-8,3)

Homélie du Père J-F Marmier

Un homme fervent, un notable, invite Jésus à sa table. On comprend par la suite que ce Pharisien veut se faire sa propre opinion sur Jésus que beaucoup tiennent déjà pour un prophète. Jésus accepte l’invitation. Il se met à la table de notre humanité dans toute sa diversité. Et voici qu’au cours du repas, et à l’insu de tous, une femme fait son entrée. Ce n’est pas la traditionnelle vendeuse de roses mais, dit-on, « une pécheresse. »

Le contraste entre les deux personnages crève la scène. D’un côté Simon, un homme religieux et respecté par sa communauté. De l’autre, cette femme méprisée de tous et qui se méprise aussi elle-même. Jésus est entre ces deux vies qui, comme toutes les vies, sont marquées à la fois par l’ombre et la lumière. Il est au milieu de ces deux cœurs avec leur histoire et leurs cicatrices. Il est sans jugement, entièrement présent, simplement là dans l’accueil de ces personnes. C’est l’attitude juste. Ce devrait être la nôtre en toute occasion. Simplement accueillir ce qui se présente à nous sans poser le moindre jugement.

 

La suite souligne le chemin déjà parcouru par la femme. Conjugué au passé, le verset 47 dit : « ses péchés ont été pardonnés… elle a beaucoup aimé. » Cette femme a donc accompli un certain travail spirituel et son parcours la conduit maintenant aux pieds de Jésus pour faire l’expérience de la miséricorde. Les foules qui viennent chercher auprès de Jésus la guérison des corps n’en sont pas encore là. Et visiblement Simon le religieux non plus.

Les « bien-pensants », comme on dit, ne sont pas toujours les plus avancés spirituellement. D’autre part, celui qui sort de l’ombre et marche vers la vérité rencontre le Christ un jour ou l’autre. Il s’agit pour chacun de faire l’expérience de Dieu, l’expérience de son amour et de son pardon. Cette année nous appelle à faire l’expérience de la miséricorde.

Jésus est touché par cette femme qui ne vient pas pour quémander mais pour remercier. Il est ému par son cheminement. Il y a des personnes qui accomplissent un remarquable chemin spirituel, parfois sans aucun soutien extérieur, sans guide ni communauté qui les accompagne. La femme exprime concrètement son action de grâce en déversant sur les pieds de Jésus le contenu de son flacon d’albâtre. Cette fiole si précieuse représente la part d’elle-même qui est demeurée intacte. C’est l’image de ce qui n’est pas souillé en elle. Ainsi, quelles que soient nos souillures, une part en nous reste toujours intacte.

L’odeur du parfum emplit la salle, tandis que l’âme de la femme embaume : « Tes péchés sont pardonnés ! » Jésus voit ce que les autres ne voient pas, alors que les pensées de Simon montrent qu’il n’a saisi qu’une petite partie des choses. Son regard est superficiel parce qu’il se base seulement sur des usages extérieurs. Notre vision de la vie est partielle. Nous ne percevons qu’une toute petite partie de la réalité.

Chaque situation qui se présente à nous est l’occasion d’une leçon de vie. Jésus élève la réflexion en proposant à Simon une petite parabole. En appelant Jésus maître, la bouche de Simon dit la vérité, mais son cœur pense autrement. S’il considère Jésus comme un maître, pourquoi ne pas l’avoir accueilli comme tel ? Nous sommes bien des êtres divisés. Il s’agit d’unifier notre vie.

La parabole est d’une simplicité évidente. Simon le Pharisien et la femme pécheresse sont tous deux débiteurs. En vérité, nous sommes tous endettés. Nous sommes tous en dette face à Dieu parce que, d’une façon ou d’une autre, la vie qu’Il nous confie est profanée. Dans le grand sanctuaire du monde, dans le sanctuaire intérieur de son cœur, l’homme profane la vie. L’humain est en adultère spirituel. Nos corps et nos pieds sont propres, mais notre âme est plus ou moins nauséabonde.

Le pharisien est aussi déchu que cette femme. Simon a commis moins d’offenses extérieures contre Dieu parce que la connaissance de la Loi l’a protégé. Mais la femme a fait l’expérience de la divine miséricorde parce qu’elle a beaucoup aimé. Nous n’avons aucune monnaie céleste pour rembourser notre dette envers Dieu et effacer la souillure de nos âmes. C’est pourquoi, Jésus vient en ce monde pour nous remettre de notre dette. Par sa mort et sa résurrection le Christ s’offre lui-même pour la remise de notre dette.

Jésus a accepté l’invitation de Simon en espérant que sa vision s’élargirait. Maintenant, c’est lui qui invite Simon à prendre conscience de la grâce dont il a bénéficié. On sent que ce pharisien a du mal à sortir de son positionnement. Il a même une petite pointe de mépris dans sa réponse à Jésus : « Je suppose que… » La nourriture offerte par Simon était sans doute excellente, mais elle avait été servie sans affection. Derrière l’attitude respectable, il y a un cœur durci et figé. Qu’y a-t-il derrière nos rites et nos célébrations ?

Du coup, Jésus n’hésite pas. Il dresse la liste des manquements de Simon pour le faire sortir de son positionnement. Le pharisien n’a pas donné l’eau nécessaire pour se laver les pieds. Il ne l’a pas même embrassé. Finalement, Jésus est le seul des invités à être sale. Jésus prend sur lui nos souillures. Il assume notre crasse, lui qui enlève le péché du monde.

La comparaison entre ce que Simon n’a pas fait et ce que la femme a fait est frappante. En même temps, Jésus ne relativise pas la gravité des fautes de cette femme. Il parle de « ses nombreux péchés. » Seulement, il veut la grandeur, la beauté et l’accomplissement de l’homme. Son amour et son pardon nous relèvent. Notre amour et notre pardon nous élèvent. Jésus comprend cette femme, son parcours, sa souffrance, sa culpabilité. Il sait les nôtre aussi. Il se peut que nos murailles intérieures soient bien hautes, comme celles de Simon. C’est pourquoi, comme cette femme, Jésus sera lui-même à nos pieds pour les laver et nous rejoindre là où nous en sommes.


 

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