Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 19 Juin 2016, 12ème dimanche du temps ordinaire

Textes du jour :

  • Lecture du livre du prophète Zacharie ( 12, 10-11a ; 13,1)
  • Psaume 62  » Mon âme a soif de toi, Seigneur, mon Dieu »
  • Lecture de la lettre de Saint Paul, Apôtre aux Galates ( 3, 26-29)
  • Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc ( 9, 18-24)

Homélie du Père J-F Marmier

De notre conception jusqu’à notre mort, notre vie est un véritable chemin d’initiation. Chaque instant est l’occasion d’une nouvelle expérience. Nous devrions aller de découverte en découverte et d’expérience en expérience, et ainsi progresser vers l’éveil intérieur et la pleine maturité. Nous voyons qu’il en va souvent tout autrement. A force de vivre dans la facilité et le « divertissement », comme le disait déjà Pascal, l’humain se spécialise dans la bêtise.

Heureusement, il arrive encore que nous soyons bouleversés sans raison apparente. Parfois, quelque chose nous saisit sans que nous puissions le nommer. Nous vivons un bref moment en-dehors du temps. L’Evangile vibre de ces instants suspendus entre terre et ciel. La Bible rassemble ces très riches heures où le Seigneur passe dans la vie d’une personne ou d’un peuple. L’humain qui s’intériorise découvre que quelqu’un est là qui nous appelle et nous sollicite en silence. Les disciples de Jésus en ont fait l’expérience : « Que dites-vous ? Pour vous qui suis-je ? »

Le Dieu de la Bible est un Dieu qui passe. La Parole témoigne de ces « passages de Dieu » dans notre monde et dans nos vies. Elle nous transmet l’expérience de ces hommes qui ont accueilli le Dieu qui passe. Alors, les prophètes se voilent le visage, les sages s’inclinent et les peuples se prosternent. Nous existons pour accueillir Celui qui vient à notre rencontre.

Sollicités en permanence de toute part, bloqués dans le mental et engloutis dans le flot incessant des pensées, nous avons de plus en plus de mal à ressentir le Dieu qui passe. « Sur une autoroute périphérique de Berlin où il y a toujours de terribles embouteillages, un tagueur de génie avait inscrit sur un pont la formule suivante : Détrompe-toi, tu n’es pas dans un embouteillage, l’embouteillage c’est toi ! » (Cité par Christiane Singer)

Les événements de la vie et tant d’obstacles nous ferment le cœur au Dieu passant. La vie spirituelle consiste justement à sortir de l’embouteillage intérieur et à lui ouvrir la porte. « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap. 3, 20)

Au cœur de la Bible il y a cette incroyable révélation : Dieu, l’Eternel, le Tout-Puissant est notre Ami. La source de la vie, la source de la joie, de la paix et de l’amour que nous cherchons tous, la Source c’est Lui. Au soir de la vie, ce qui demeure c’est la proximité du Dieu Ami de l’homme et la certitude de sa présence. Il est là pour nous, avec nous, en nous. Il est là pour toujours. Mais moi, est-ce que je suis là. C’est bien là toute la question.

Jésus n’aimait pas d’une manière abstraite ou désincarnée. Dieu n’aime pas une masse d’êtres humains. Il m’aime moi, il me préfère moi et il me questionne moi : « Pour toi, qui suis-je ? » Cette amitié de Dieu, c’est le fondement d’une vie différente, d’une vie intense, profonde et heureuse.

Le seul motif du disciple, sa seule raison d’être, c’est le Seigneur. Le seul motif du chrétien c’est son Seigneur. Notre raison d’être, c’est notre Seigneur et Ami. C’est pourquoi Jésus dit : « Venez à ma suite. Marchez avec moi. » On ne suit pas n’importe qui, n’importe où, n’importe comment. Suivre quelqu’un demande de la confiance et même un certain abandon. Le disciple c’est un être donné et suprêmement libre. « Suis-moi, dit Jésus, et laisse les morts enterrer les morts  » (Mt 8, 22). Vis l’instant présent, libre de ton passé quel qu’il soit. Marche avec moi sans inquiétude ni tourment face à l’avenir. Suis-moi ici et maintenant !

Beaucoup d’humains sont piégés dans le monde des choses. Toute leur attention est occupée par les choses extérieures, les situations, les événements, les objets. C’est une vie dominée par le flot des pensées et des choses. Qu’est-ce qui suivra ? Que va t-il se passer ? Quelle sera la prochaine pensée, la prochaine chose à faire… Dans le monde des pensées et des choses l’être humain n’est pas libre, il est conditionné. Intérieurement, c’est un désert, un monde sans âme. Mais une autre vie est possible. Une autre vie est là, toute proche, à portée de voix, de cette même voix qui nous dit : « Qui suis-je pour toi ? »

Ces prochaines semaines seront celles des déplacements, des changements petits ou grands, des séparations et des retrouvailles. Alors, en cette fin d’année pastorale, la Parole nous recentre sur l’essentiel : le pardon de Dieu et l’amitié de Dieu. Il était question du pardon de Dieu la semaine dernière et l’Evangile de ce dimanche nous révèle l’amitié de Dieu. Car seul un ami, un intime, peut demander aussi librement que le fait Jésus :  » Qui suis-je pour toi ?  »  

Quand on fait l’expérience concrète de l’amitié et du pardon de Dieu, on voit aussitôt s’écrouler toutes les fausses images de Dieu. Le pardon et l’amitié de Dieu nous libèrent des fausses images que l’on se fait de Lui. Ces fausses images de Dieu nous empoisonnent. Elles sont toujours liées à une méconnaissance du pardon et de l’amitié de Dieu. La toute-puissance de Dieu, c’est celle de son pardon et de son amour.

Sur les routes de la Galilée, des hommes vivent ensemble quelque chose d’unique. « En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Au dire des foules, qui suis-je ? » Nous sommes rassemblés ici sous ces pins, face à la mer, et le vent nous apporte autant de questions : Pour toi, c’est quoi ce rassemblement? Qu’est-ce que c’est cette fête ? Pourquoi, ces chants, ces coutumes et ces costumes ? « Pour toi, qui suis-je ? »

    « Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Messie de Dieu. » Nous aimons Pierre pour cette réponse qu’il fait en notre nom. Nous l’honorons pour ces mots de foi et d’amour qu’il formule au nom de toute l’humanité. En cette fête de la S. Pierre nous affirmons nous aussi que Jésus est le Dieu Ami de l’homme, qu’Il est notre Seigneur et Sauveur. A Lui sont le règne et la gloire pour les siècles sans fin.


 

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