Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 5 Juin 2016, 10ème dimanche du temps ordinaire

Textes du jour :

  • Lecture du premier livre des Rois (17, 17-220164)
  • Psaume 29  » Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé. »
  • Lecture de la lettre de Saint Paul, Apôtre aux Galates (1, 11-19)
  • Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc ( 7, 11-17)

Homélie du Père J-F Marmier

Voilà un bien triste cortège qui ce jour-là sort de Naïm, un lieu dont le nom signifie pourtant « Délices. » Deux groupes se croisent à l’entrée de Naïm. A la tête de l’un, un défunt, le fils unique d’une veuve. A la tête de l’autre, le Vivant, le Fils Unique de Dieu. Le contraste entre les deux est déjà un enseignement. Alors que Jésus entre dans cette petite bourgade de Galilée, un jeune homme quitte ce lieu de délices pour la tombe.

Une mère pleure son fils unique qui vient de mourir. Cette femme, en plus d’être veuve, est désormais privée de son fils, son seul soutien dans la vie. Ce nouveau deuil la voue à la misère. Cette femme représente notre humanité misérable d’avoir perdu à la fois l’Epoux et le Fils. Mais voici justement qu’avec Jésus arrivent à la fois l’Epoux et le Fils.

Dieu a créé le monde comme un jardin de délices et d’abondance, mais ce qui apparait le plus souvent c’est au contraire la solitude, le manque, la tristesse et le mal sous toutes ses formes. Ce cortège funéraire nous rappelle la réalité du deuil et de la mort. Quelle impression nous fait un cadavre ? Pourquoi toute chose se détériore ? Pourquoi faut-il repeindre l’église et rénover nos bâtiments ? Pourquoi le corps s’use t-il lui-aussi ? On répondra qu’il y a usure. La maladie, la vieillesse, une mauvaise alimentation, une hérédité défavorable, les accidents et la toxicité dans tous les domaines sont les facteurs responsables de la détérioration et de la mort du corps. Mais pourquoi donc l’esprit se détériore-t-il lui aussi ?

Il y a en effet une autre forme de mort pour l’humain, une mort silencieuse, une mort qui touche toutes les générations et qui se généralise de plus en plus, c’est la mort spirituelle. On pense peu à la mort spirituelle. Cette mort là peut nous emporter très jeune et nous pousser hors de nous-mêmes, hors de notre ville intérieure. Tôt ou tard le corps meurt, mais chez la plupart d’entre nous l’esprit est déjà mort depuis longtemps. La détérioration intérieure a déjà eu lieu.

L’esprit se détériore en effet. Nous le voyons partout et à tous les âges. Nous voyons des personnes se ternir, devenir vides et insensibles. Lorsque vous les regardez, vous voyez de la tension dans leur visage, leur corps est contracté. On sent un vide intérieur. Hors d’eux-mêmes, ces gens sont distraits et coléreux. Ils sont possédés par leurs pensées. Le mental a pris toute la place et c’est un égo surdimensionné qui les gouverne.

Alors, il faut le redire et même insister là-dessus parce que tout nous dit et nous montre le contraire : l’humain doit se spiritualiser. Nous sommes faits pour la croissance intérieure et le développement spirituel. Les années de notre vie nous sont offertes pour cela et le grand âge est un temps favorable à la vie intérieure. Chaque être humain a le devoir se spiritualiser.

Toute la question est d’apprendre jour après jour à faire grandir en nous la vie de l’esprit. C’est notre travail et notre responsabilité. La sagesse populaire a justement parlé d’un d’esprit sain dans un corps sain. Un corps toxique ne peut pas produire des pensées saines. Or, nous baignons à tous les niveaux dans un milieu de plus en plus toxique. Dans ce contexte, l’éveil et la croissance spirituelle deviennent beaucoup plus difficile. Mais ce que dit cet évangile, la bonne nouvelle, c’est que la vie à l’intérieur de nous peut toujours renaitre.

Pourquoi la vie de l’esprit se détériore-t-elle ? Pourquoi ce peu d’intérêt pour les réalités intérieure, pour la vie spirituelle et la « religion » ? Y avez-vous déjà réfléchi ? Dans l’enfance, à condition de ne pas être déjà trop abêtis par la société, les parents ou les circonstances, vous avez l’esprit ouvert, vif et curieux. L’enfant veut savoir le pourquoi et le comment des choses de la vie. Il a en lui des élans et de l’enthousiasme. Ce besoin vital d’exploration et de découverte est vite étouffé par le poids des usages et des conventions. La société vous oblige à vous conformer à un certain modèle. Et ce conformisme fait que l’esprit s’installe dans des habitudes. Il se sent rassuré dans ce mode de vie bien rodé qui lui permet de fonctionner sans incidents ni perturbations. Observez les gens et vous verrez combien leur esprit refuse d’être dérangé. En réalité, ils ne veulent la paix. Ils veulent seulement ne pas être dérangés. La paix véritable c’est tout autre chose que l’absence de dérangement.

La société cherche à maintenir votre esprit dans la ligne de ses propres modèles. La prétendue éducation vous encourage à les imiter, à vous y plier et vous y conformer. Obligé de se couler dans un moule, l’esprit se détériore. Il s’installe dans la routine et les schémas établis par d’autres que lui. Peu à peu notre enthousiasme s’effrite. On veut vivre en sécurité, à l’abri des perturbations et sans dérangement d’aucune sorte. La société ne veut pas des individus vifs et passionnés qui appellent au changement. Alors elle les détruit et les crucifie.

La Parole nous dit : « Choisis la vie ! » L’humain doit cultiver la vie comme un jardin de délices. Notre être intérieur doit grandir et se développer. L’esprit doit se renouveler sans cesse. Il doit garder sa fraîcheur et sa jeunesse. Jésus vient en personne guérir et sauver de la mort spirituelle le fils unique et bien-aimé qui est en chacun de nous.

Luc note qu’« une grande foule » accompagnait le cortège funéraire. Mais voici que le Vivant entre dans ce lieu de délices atteint par la mort. Il a pitié de notre monde semblable à une veuve sans époux ni enfant : « Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion. »

Face aux événements et aux drames qui frappent le monde, nous sommes comme devant un convoi funéraire. A chaque fois, les mêmes sentiments de peur et d’impuissance nous envahissent et les sceptiques demandent : « Mais que fait Dieu ? » S. Luc dit que Jésus voit ce cortège de la mort. Le verbe utilisé signifie précisément « examiner. » Le regard de Jésus est posé sur chacun et sa miséricorde nous ausculte. Le remède, la réponse, l’unique solution c’est lui Jésus. Il est l’Epoux qui vient et le Fils qui nous sauve.


 

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