Paroisse Notre-Dame de la Mer

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Dimanche 16 Octobre 2016, 29ème dimanche du temps ordinaire

Textes du jour :

  • Lecture du livre de l’Exode (17, 8-13)
  • Psaume 120 « Le secours me viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre »
  • Lecture de la deuxième de Saint Paul Apôtre à Timothée (3, 14-4,2)
  • Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc (18, 1-8)

Homélie du Père J-F Marmier

On parle depuis plusieurs années de crise : crise économique, financière, écologique, politique, sécuritaire, sociale, identitaire, spirituelle… En réalité, le mot crise indique un moment passager, une turbulence qu’il faut traverser pour revenir à une certaine normalité. Or, ce qui se passe aujourd’hui est bien différent. La conjonction de tous les problèmes que l’on connait désormais sur la planète signale un véritable basculement. Et le mot le plus pertinent pour décrire ce que nous sommes en train de vivre, c’est celui d’effondrement. Nous sommes dans un processus d’effondrement.

Serait-ce alors le temps de l’apostasie ? L’Adversaire serait-il en train d’étendre son règne sur terre avant que le Fils de l’homme ne revienne en gloire ? Au vu de l’actualité du monde, on peut légitimement se poser de telles questions. Les chrétiens se les posaient déjà aux premiers temps de l’Eglise. C’est dans ce contexte que nous recevons aujourd’hui ces versets de S. Luc.

Avec ces images de veuve suppliante et juge méprisant, cette parabole est encore très déroutante. Cependant, il est précisé au début que « Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager. » Dans le passage qui précède celui-ci, Jésus annonce son retour. C’est dans cette perspective de la fin des temps, que cette parabole nous appelle à veiller sans relâche dans la prière. Prier avec constance, c’est croire et espérer que malgré l’effondrement du monde la vie sera sauvée. Jésus nous demande donc d’attendre dans la foi et de persévérer malgré tout jusqu’au bout.

Beaucoup de gens passent toute leur vie à attendre. Ils attendent que leur vie commence enfin. Ils attendent que les choses changent, mais ils attendent de manière passive et rien ne se passe. « Qu’est-ce que nous faisons de notre vie ? Nous nous cherchons, nous nous fuyons, nous nous rencontrons par intermittence et n’arrivons jamais à nous définir nous-mêmes, à savoir qui nous sommes.  On n’a pas le temps, la vie passe si vite, on est occupés par les soucis matériels ou par les divertissements…  Et finalement la mort arrive, et c’est devant la mort qu’on prend conscience que la vie aurait pu être quelque chose d’immense, de prodigieux, de créateur.  »  Père M. Zundel

La veuve de la parabole n’est ni passive ni inactive. Elle met en œuvre le peu de moyens qu’elle a à sa disposition. Elle n’a que sa voix, alors elle appelle, elle supplie, elle insiste et elle persévère. Cette femme est dans l’action. Elle ne reste pas chez elle à se lamenter. Elle se déplace avec insistance jusqu’au juge. La prière n’est pas une plainte adressée à Dieu pour tout ce qu’on ne peut pas faire soi-même. La prière, c’est la force de l’action soutenue par Dieu. La prière sans l’action et l’action sans la prière, les deux sont stériles.

Ce juge qui ne craint pas Dieu et ne s’intéresse à personne, c’est le symbole du monde tel qu’il est en réalité. Se moquant de Dieu, se croyant tout-puissant, et ne s’intéressant qu’à lui-même, voilà le monde auquel nous devons faire face comme cette pauvre veuve et son combat pour que justice soit rendue. L’image de ce juge inique est marquante. Elle montre l’arrogance, le mépris et la cupidité des hommes qui veulent ignorer l’ordre du monde. Tout cela nous conduit immanquablement à l’effondrement. Si l’humain maintient une telle attitude, il se détruira lui-même et il détruira tout avec lui.

Un détail mérite d’être souligné. On ne sait pas avec qui la femme est en conflit. Son adversaire de n’est pas mentionné. L’Adversaire, dans la Bible, c’est l’Ennemi de l’homme. Notre Adversaire va à la racine. Il s’attaque à l’homme dans ses profondeurs éternelles. Chaque humain est en guerre. Nous sommes tous en conflit avec notre Ennemi intérieur. Comme la veuve de la parabole, l’Adversaire nous pourrit la vie. Comme elle aussi, nous sommes en veuvage, parce que l’Epoux nous manque. Nous ne vivons pas encore les noces mystiques, les noces éternelles du Royaume.

Cette parabole insiste sur l’efficacité et la puissance de la prière. Seulement attention, Dieu n’est pas une idole qui réclamerait des prières. On n’entre pas dans la prière par obligation. On y va avec passion. On y va avec son cœur. La prière doit travailler et agir en nous à chaque instant. Le but de la prière, c’est de rendre l’homme capable de vivre dans l’intimité de Dieu. La prière consume la médiocrité et la bêtise. Elle nous délivre de l’Adversaire et nous purifie. La prière nous unifie. Elle pacifie le mental agité, inquiet et bavard.

Prier, c’est invoquer le Saint Nom, comme cette veuve de l’Evangile qui supplie son juge avec insistance. On voit à travers la Bible la puissance du Nom de Dieu. L’invocation du Saint Nom est source de salut. Dans les Actes des Apôtres (4,12), il est dit que « le nom de Jésus est Sauveur. » Dans les premiers temps, les chrétiens étaient désignés comme : « ceux qui invoquent le Nom de Jésus » (Ac. 9,21) Depuis l’origine, l’Eglise invite les disciples du Christ à invoquer continuellement le Nom de Jésus.

Paul dit que le Nom de Jésus Sauveur doit être invoqué « en tout lieu et en tout temps » (1 Co 1,2). Là où le Nom de Jésus est invoqué, il y a sa présence vivante et agissante. C’est une présence qui aime et qui libère. C’est une présence qui nous fait sortir du conflit et du veuvage intérieur. Pour nous faire comprendre l’efficacité de la prière incessante, Jésus nous livre cette étonnante parabole qui consiste à dire : Vous voyez bien que si ça marche avec un juge ripoux, à plus forte raison ça marche avec Dieu Notre Père très aimant et miséricordieux.


 

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